Les canicules de l’été 2026 ont provoqué près de 8 000 décès en excès, un chiffre inédit depuis 2003, selon des données provisoires des autorités sanitaires.
Un été marqué par des épisodes de chaleur intense
Le plus long épisode de chaleur jamais enregistré en France s’est étendu du 27 juillet au 20 août. Lors de cette période, au moins 817 décès supplémentaires ont été recensés par Santé publique France (SpF), sans pouvoir être attribués avec certitude à la chaleur à ce stade.
Cette troisième vague de chaleur, qui a touché près de 90 % de la population, a été moins meurtrière que les deux précédentes. Elle s’ajoute aux 5 764 morts estimées du 17 juin au 2 juillet, aux 1 243 entre le 3 et le 20 juillet, et aux 95 décès lors d’un bref pic en mai.
Une mortalité accrue sur toute la période estivale
Ce bilan pourrait encore s’alourdir, car les chiffres définitifs ne sont pas encore consolidés. La période de surveillance couvre du 1er juin au 15 septembre. L’été 2026 a été le plus chaud depuis 1900, surpassant notamment l’été 2003, qui avait causé environ 15 000 morts, et 2022, avec près de 5 000 décès.
Les données indiquent que, contrairement à certains épisodes précédents, l’excès de mortalité n’a pas été plus marqué à domicile. Environ la moitié des décès ont eu lieu à l’hôpital, 25 % à domicile, et un peu plus de 20 % en établissements pour personnes âgées. Cependant, certains décès en Ehpad peuvent être comptabilisés à l’hôpital après exposition ou transfert.
Une population particulièrement vulnérable
Les analyses montrent que cette année, la majorité des décès liés à la canicule concerne quasi exclusivement les personnes âgées de 75 ans et plus. Dans cette tranche d’âge, 751 morts supplémentaires ont été enregistrées, ce qui représente une part importante des excès de mortalité.
Robin Lagarrigue, chargé d’études à SpF, précise que près de la moitié des décès en surnombre ont eu lieu lors de trois journées particulièrement chaudes, du 14 au 16 août, qui ont connu les températures les plus élevées sur l’ensemble du territoire.
Les régions les plus touchées sont la Bourgogne-Franche-Comté, avec 140 décès supplémentaires, en raison de la longue durée d’exposition, ainsi que d’autres régions, sauf la Normandie et l’Occitanie.
Il semble également que l’impact de cette canicule ait été moins marqué à domicile cette année, avec environ 50 % des décès enregistrés à l’hôpital, contre 25 % à domicile et 20 % en maisons de retraite. Il faut cependant rester prudent dans l’interprétation, car certains décès en Ehpad peuvent être comptabilisés à l’hôpital après exposition ou transfert.
Un bilan en attente et des hypothèses explicatives
Les premières estimations montrent que la mortalité liée aux canicules de 2026 est nettement supérieure à celle des épisodes précédents. La première phase, du 17 juin au 2 juillet, a provoqué environ 4,5 fois plus de morts en excès que la deuxième, et sept fois plus que la troisième.
Les experts évoquent plusieurs raisons à cet écart : la très forte intensité de la chaleur, sa précocité dans l’année, et le fait que le corps n’était pas encore acclimaté. De plus, l’activité était encore intense en juin, ce qui a pu aggraver la situation pour les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées ou en mauvaise santé.
Une tendance au changement dans notre rapport à la chaleur
Guillaume Boulanger, de SpF, souligne que l’été 2026 a été « complètement inédit », avec des épisodes de canicule presque en continu. Habituellement, les jours de canicule représentent environ 5 % de l’été, mais cette année, ils ont été bien plus nombreux.
Selon Météo-France, cet été est le plus chaud depuis 1900, surpassant l’été 2003 et 2022. La tendance à des épisodes prolongés et répétés de chaleur intense semble confirmer un changement dans la fréquence et la durée des canicules, avec des impacts sanitaires majeurs.
Une population particulièrement vulnérable cette année
Les données indiquent que, contrairement aux épisodes précédents, cette fois la majorité des morts excédentaires concerne les personnes âgées de 75 ans et plus. Parmi elles, 751 décès supplémentaires ont été recensés, ce qui représente une surmortalité significative dans cette tranche d’âge.
Un bilan final attendu début 2027
Les chiffres définitifs, qui permettront de mieux comprendre l’impact sanitaire de cet été exceptionnel, seront disponibles début 2027. La surmortalité observée dépasse généralement celle liée aux températures supérieures à 25 °C, et ses effets ne se limitent pas uniquement aux périodes de canicule.














