Les enjeux autour de l’adoption du budget en janvier
Le gouvernement promet d’adopter le budget dans les semaines à venir. Cependant, la situation politique reste complexe, et la réalisation de cet objectif semble incertaine.
Une déclaration optimiste mais risquée
Ce lundi, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a déclaré sur BFMTV-RMC que « Il y aura un budget en janvier ». Une promesse qui vise à tourner la page d’un long épisode d’incertitude, mais qui pourrait rapidement être mise à mal.
Cette déclaration pourrait aussi être une façon de faire pression sur les parlementaires, qui sont accusés de bloquer le processus. La ministre a souligné que le contexte international, comme la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis, montre que « le monde avance à mille à l’heure ».
Les risques d’un échec en janvier
Pour l’instant, rien n’indique que cette promesse sera tenue. Le calendrier parlementaire pourrait favoriser la situation, avec une pause prévue pour la fin février, avant la campagne des municipales.
Il faut rappeler que Sébastien Lecornu, ministre des Comptes publics, a réussi à faire adopter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) mi-décembre, en acceptant notamment de suspendre la réforme des retraites. En revanche, la tâche est beaucoup plus difficile pour le projet de loi de finances (PLF) de l’État.
Ce dernier n’a pas été adopté avant le 31 décembre, ce qui a conduit à la mise en place d’une loi spéciale pour continuer à fonctionner temporairement. Lors de la première lecture en novembre, seul un député sur 405 a voté en faveur de la partie « recettes » du budget, contre tous les autres.
Les positions des partis et leur influence
Olivier Faure, secrétaire du Parti socialiste, a déclaré que son parti ne voterait « jamais » le PLF. Il pourrait s’abstenir, mais ne le soutiendra pas. Les écologistes et les communistes pourraient, au minimum, s’abstenir, ce qui pourrait aider le gouvernement. Quant au Rassemblement national et à La France insoumise, ils devraient à nouveau voter contre.
Un responsable vert a exprimé ses doutes, soulignant que tout dépend des concessions faites par le gouvernement. La situation reste donc très incertaine.
Un chemin difficile vers un accord
Selon le député Les Républicains Jean-Didier Berger, « il y a quand même un énorme chemin à faire » pour parvenir à un accord. Il juge qu’il est « trop tôt pour dire qu’il y aura un budget en janvier ».
Le recours possible au 49.3
Pour faire passer le budget, le gouvernement pourrait recourir à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote. Cependant, cette option comporte des risques, notamment celui d’une motion de censure. Plusieurs voix, y compris dans la majorité, s’opposent à cette démarche.
Le Premier ministre devra donc négocier avec les parlementaires, notamment avec les socialistes, pour éviter une crise politique. Certains députés socialistes, comme Laurent Baumel, estiment qu’un compromis est indispensable pour faire passer le budget.














