Le gouvernement cherche des économies pour le budget 2027
Alors que le débat sur le budget 2027 n’est pas encore lancé officiellement, l’exécutif et certains parlementaires commencent à réfléchir à la question. À quelques mois de la présidentielle, beaucoup craignent que l’on ne retrouve le même scénario qu’en 2026 : des négociations difficiles entre le gouvernement et le Parti socialiste, qui s’étaient terminées par l’utilisation du 49.3 à 49 reprises.
Un responsable socialiste explique qu’il est impossible de reproduire cette situation, surtout à six mois de la prochaine élection présidentielle. Un autre cadre du parti pense que le PS ne pourra pas s’engager dans de nouvelles négociations en pleine campagne électorale.
François Hollande, ancien président de la République, partage cette analyse. Il estime qu’il serait judicieux d’utiliser à nouveau l’arme du 49.3, après une courte discussion budgétaire, sur un projet élaboré en amont.
Le 49.3 permet de faire adopter un texte sans vote, à condition que le gouvernement ait obtenu un accord de non-censure avec une partie de l’Assemblée nationale.
La semaine dernière, un député de Corrèze a déclaré que le budget devait être préparé dès maintenant, en concertation avec les groupes d’opposition, afin d’assurer la stabilité du pays. Ce budget ne pourrait pas inclure de grandes réformes structurelles, mais il garantirait une stabilité minimale. Un projet de loi de finances rectificative (PLFR) est très probable après les élections de 2027.
Les débats sur l’élaboration du budget 2027
Malgré un faible aperçu de ses intentions pour 2027, le gouvernement reste fidèle à sa ligne de réduction du déficit et des dépenses publiques. Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a déjà demandé à ses ministres de proposer 4 milliards d’euros d’économies supplémentaires, en tenant compte des effets économiques de la guerre au Moyen-Orient, dans un courrier récent.
De son côté, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a indiqué que l’impact économique du conflit pourrait atteindre entre 4 et 6 milliards d’euros pour la France.
Autrement dit, le gouvernement sera encore à la recherche d’économies à l’automne. Mais pour Philippe Juvin, rapporteur général du Budget, il ne faut pas céder à la tentation d’enjamber l’exercice budgétaire. Il recommande un « budget de vérité » pour que dès l’automne, les différentes forces politiques puissent proposer leurs solutions.
Un membre du groupe LR, sous couvert d’anonymat, évoque deux options : un « budget de consensus », mais qui ne serait pas forcément porté jusqu’à la présidentielle, ou un « budget de droite » plus risqué, pouvant nécessiter des ordonnances ou une loi spéciale pour sa mise en œuvre.
Le recours aux ordonnances et autres solutions
Les ordonnances, autorisées par la Constitution en cas de dépassement des délais d’examen du budget, permettent de le mettre en œuvre sans vote, dans sa version initiale. Ce scénario avait été envisagé pour le budget 2026, mais les socialistes avaient menacé de le censurer, jugeant cette procédure trop autoritaire.
Une autre solution consiste à adopter une loi spéciale, qui permettrait de continuer à fonctionner en l’absence d’un budget adopté, en utilisant les recettes de l’année précédente. Cependant, cela pose problème : il serait difficile de faire fonctionner l’État pendant huit mois avec ce dispositif, en attendant qu’un nouveau budget soit voté après la présidentielle.
Une autre option, plus risquée, consiste à passer en force, en comptant sur le fait que les socialistes ne censureront pas le texte. Certains députés macronistes estiment que les socialistes ne bloqueraient pas cette fois, après avoir déjà refusé de le faire en 2025.














