Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie, a exprimé sa préoccupation face à l’absence de décisions politiques concrètes. Selon lui, cette situation favorise l’essor des extrêmes.
Une responsabilité assumée
À l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Le Maire a reconnu qu’il prenait « toute sa part de responsabilité » dans la crise financière que traverse le pays. Il a précisé qu’il avait écrit cet ouvrage pour d’autres raisons que de se présenter comme un « Monsieur 1000 milliards de dette » ou un simple témoin de sa longue expérience politique. Lors d’une interview sur France Inter, il a affirmé qu’il assumait sa part dans la situation actuelle.
Une critique des oppositions et de l’exécutif
Bruno Le Maire n’accuse pas uniquement ses prédécesseurs ou opposants. Il a également pointé du doigt l’ensemble de la classe politique. Il a expliqué qu’au moment de revenir à l’équilibre des finances publiques, « il n’y avait plus personne » pour prendre des décisions. Il a ajouté que les oppositions, qui lui demandaient de dépenser davantage pendant la crise, lui reprochaient ensuite d’avoir dépensé trop lorsque la dette a augmenté.
Il a aussi mentionné que depuis son départ, la dette a continué de croître, augmentant de 250 milliards d’euros, ce qui, selon lui, ne peut pas être imputé uniquement à sa personne.
Une impuissance politique dénoncée
Le Maire a déploré une situation où « plus personne ne décide de rien ». Il a expliqué que cette impuissance politique, qu’il qualifie d’évidente, joue en faveur des extrêmes. Il a également critiqué la faiblesse des démocraties et de l’Union européenne face à la rapidité de la prise de décision dans des régimes autoritaires.
Il a estimé que, face à cette situation, il était nécessaire de définir clairement les responsabilités. Pour mieux gérer les finances publiques, il propose notamment d’accorder au ministre des Finances un « droit de veto » sur les dépenses publiques.
Propositions pour l’avenir
Après sept années passées au ministère de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire a partagé ses idées pour l’Europe et la France. Il évoque un endettement commun pour financer l’innovation, un gouvernement réduit à dix ministres, une Europe à six États plutôt qu’à 27, ou encore l’instauration de droits de douane sur certains produits chinois.
Ces propositions interviennent alors que la saison des livres politiques est en plein essor, en vue de l’élection présidentielle de 2027. Selon lui, son dernier ouvrage est « d’abord un travail littéraire » et sa contribution à un débat public qui doit continuer à s’alimenter avec la participation de chacun.














