Une candidature dissidente qui pourrait changer la donne dans le Rhône
L’ancien président de la métropole de Lyon, Bruno Bernard, a décidé de se présenter seul aux élections sénatoriales du 27 septembre dans le Rhône. Sa candidature intervient en dehors de l’alliance entre Les Écologistes et le Parti socialiste, qui soutient une autre liste menée par le sénateur Thomas Dossus.
Ce choix de Bruno Bernard fait suite à des tensions lors des élections métropolitaines au printemps dernier. Lors de cette campagne, les négociations pour une union de la gauche, souhaitée par les écologistes, ont échoué. Les désaccords ont notamment concerné le député insoumis Gabriel Amard et l’ancienne maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, battue aux municipales.
Ce contexte pourrait avoir des répercussions lors des sénatoriales, car la présence de Bruno Bernard dans la course pourrait compliquer la stratégie de rassemblement de la gauche dans la région. En effet, ses opposants, notamment chez La France insoumise et chez les socialistes, craignent une division des voix.
Une conséquence potentielle pour la gauche
Bruno Bernard a explicitement critiqué ceux qui, selon lui, ont empêché l’union à gauche lors des dernières élections. Il a indiqué que de nombreux grands électeurs de gauche et d’écologistes refusaient de voter pour des listes comprenant des candidats ayant entravé cette union.
Pour la députée socialiste du Rhône, Sandrine Runel, cette dissidence pourrait affaiblir leurs chances. Elle reconnaît qu’il y a une perte de voix, ce qui pourrait réduire leurs sièges au Sénat. Jusqu’ici, la gauche détenait trois des sept sièges dans la région : deux pour les écologistes et un pour le Parti socialiste.
De leur côté, les insoumis tentent de mobiliser leur électorat en appelant à soutenir une liste commune avec Génération.s, afin de défendre leurs idées face à cette division.
Des répercussions au-delà du Rhône
Certains responsables politiques craignent que cette dissidence dans le Rhône ne fasse tache d’huile dans d’autres départements. L’eurodéputé David Cormand souligne que cela pourrait fragiliser les alliances déjà établies, notamment en Seine-Maritime.
La députée Sandrine Runel relativise toutefois cette perspective. Elle rappelle que, dans le cadre de l’accord national, les socialistes restent généralement en tête de liste, sauf dans le Rhône. Elle estime que cette situation ne doit pas forcément entraîner un rejet global des écologistes ou de leur soutien.
En revanche, l’unité pourrait être mise à mal en Seine-Maritime. La raison : le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, aurait été peu favorable à l’accord entre socialistes et écologistes. Il aurait également été contraint d’accepter une écologiste en deuxième position sur la liste, ce qui ne plaît pas à certains responsables locaux.
Ce dernier a critiqué la décision de Bruno Bernard, qualifiant sa démarche de honteuse et évoquant des motivations personnelles liées à la revanche et à la recherche d’un poste.
Malgré ces tensions, Nicolas Mayer-Rossignol ne menace pas formellement les écologistes dans cette région, se contentant de souligner que les socialistes ont respecté l’accord national.














