Le coût de l’asile en France : près de 2 milliards d’euros en 2025
Dans un rapport présenté au Sénat, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu indique que les dépenses liées au droit d’asile ont atteint près de 2 milliards d’euros en 2025. Elle met en lumière la montée des coûts, l’augmentation du nombre de demandes et la faiblesse des éloignements des demandeurs déboutés.
Les principales dépenses liées à l’accueil
La majeure partie de cette dépense concerne l’accueil et l’hébergement des demandeurs d’asile. Les coûts des centres spécialisés, des dispositifs d’urgence, des allocations et de l’accompagnement s’élèvent à plus de 1,1 milliard d’euros. À cela s’ajoutent les frais d’intégration des réfugiés, ceux supportés par les préfectures, ainsi que le budget de la Cour nationale du droit d’asile.
Selon la commission des finances, le total atteint environ 1,85 milliard d’euros en 2025. La sénatrice précise que ce chiffre est un minimum, car certaines dépenses comme les soins médicaux, l’aide sociale ou la scolarisation des enfants ne sont pas incluses.
Les délais d’instruction et le suivi des demandeurs
Le rapport souligne également que les délais d’instruction des demandes restent longs. En 2025, le traitement moyen d’une demande par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) s’établit à 163 jours, contre 216 jours en 2015. Cependant, cet délai reste supérieur à l’objectif fixé à 120 jours.
Marie-Carole Ciuntu dénonce également l’absence de suivi efficace des demandeurs déboutés. Entre 2019 et 2025, moins de 3 000 éloignements après une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ont été réalisés chaque année, ce qui représente un taux d’environ 5,5 %, considéré comme très faible.
Une augmentation des demandes d’asile
La sénatrice souhaite aussi « déconstruire le mythe » selon lequel la France serait peu attractive. Entre 2015 et 2025, le nombre de demandes enregistrées par l’Ofpra est passé d’environ 80 000 à près de 145 000, avec un pic à 154 000 en 2024. La France représentait alors environ 17 % des premières demandes dans l’Union européenne, se plaçant au troisième rang derrière l’Espagne et l’Italie.
Propositions pour mieux gérer le flux migratoire
Pour faire face à ces enjeux, Marie-Carole Ciuntu propose d’orienter les demandeurs ukrainiens vers la protection temporaire. Elle souhaite aussi accélérer les procédures, renforcer le suivi des déboutés et des OQTF, et réduire la durée des titres de séjour. Elle propose notamment de ramener la durée à quatre ans pour les réfugiés et deux ans pour ceux bénéficiant d’une protection subsidiaire, contre respectivement dix et quatre ans actuellement.














