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Le 2 novembre 2026, à Washington, l’administration Trump assouplit les normes CAFE et bénéficie du soutien des principaux constructeurs américains. Derrière cet alignement inédit se cache une bataille sur les coûts, l’essence et le climat.

Derrière cet alignement inédit se cache une bataille sur les coûts, l’essence et le climat.

Dans un règlement finalisé par le département des Transports, l’objectif pour 2031 est désormais fixé à une consommation moyenne de flotte d’environ 6,8 litres par 100 kilomètres, contre environ 4,7 litres par 100 km auparavant sous les règles adoptées en 2024. Alors que la Californie, New York et près d’une vingtaine d’autres États, villes et comtés ont saisi la justice fédérale pour bloquer ce texte, une partie majeure de l’industrie automobile a choisi de se positionner clairement dans ce débat.

Normes CAFE assouplies : ce que prévoit la nouvelle règle américaine

Ces normes d’économie de carburant, connues sous le nom de normes CAFE (Corporate Average Fuel Economy), imposent une consommation moyenne pour l’ensemble des voitures particulières et pickups légers commercialisés sur le marché américain. Dans sa nouvelle règle, le département des Transports explique que ce relâchement des objectifs doit réduire le coût moyen de conformité pour les constructeurs de 1 289 dollars par véhicule, soit un peu plus de 1 200 € par voiture, en limitant les investissements nécessaires pour développer des modèles plus efficients. Le texte est aussi présenté comme un moyen de revenir sur la poussée en faveur de modèles plus économes et de véhicules électriques engagée sous Joe Biden, tout en gardant des prix d’achat jugés plus abordables pour les ménages.

Les documents officiels reconnaissent toutefois un coût énergétique nettement supérieur. D’ici 2050, ces standards moins ambitieux devraient entraîner une hausse d’environ 4,6 % de la consommation de carburant par rapport aux règles Biden, soit quelque 121 milliards de gallons supplémentaires, l’équivalent d’environ 460 milliards de litres d’essence. Le même calcul prévoit que les automobilistes paieront sur la durée de vie de leurs véhicules plus de 1 600 dollars de carburant en plus, soit autour de 1 500 € par voiture, même si le département des Transports mise sur un coup de pouce aux ventes de véhicules neufs. Pour les États plaignants, ce compromis est inacceptable, d’autant qu’ils reprochent au gouvernement fédéral d’ignorer la présence de millions de véhicules électriques sur les routes, « ce qui conduit à une analyse erronée et fortement biaisée du niveau de consommation de carburant ‘maximum réalisable' ». Une coalition d’organisations environnementales et de défense des consommateurs s’est associée en déposant un recours séparé, histoire de maintenir la pression juridique.

Pourquoi les constructeurs automobiles soutiennent ces normes de consommation moins strictes

Là où la surprise est plus grande, c’est du côté des grands groupes automobiles. L’Alliance for Automotive Innovation, qui représente General Motors, Toyota, Volkswagen, Hyundai, Ford, Stellantis et plusieurs autres constructeurs majeurs, est intervenue devant la 1re Cour d’appel fédérale (1st U.S. Circuit Court of Appeals) pour soutenir officiellement la règle portée par l’administration de Donald Trump. « Les constructeurs ont besoin de certitude et de stabilité dans les normes », a indiqué le groupe dans le document transmis à la cour, cité par Reuters. Il ajoute que, si les standards étaient annulés, cela « porterait atteinte à l’activité des constructeurs, en mettant en danger la planification des investissements en capital, le développement produit et la validation des performances pour des centaines de nouveaux modèles de véhicules destinés au marché américain ».

Dans son mémoire, l’Alliance met en avant ces risques pour défendre le maintien de la règle et demande à la cour de rejeter les arguments avancés par la Californie et les autres États. Le débat dépasse d’ailleurs la seule industrie automobile, puisque l’American Petroleum Institute, organisation professionnelle du pétrole et du gaz, s’est rangée derrière la nouvelle règle en expliquant qu’elle garantit des standards qui « n’obligent pas les consommateurs à acheter des véhicules qui consomment moins de carburant qu’ils ne choisiraient autrement ». Entre recherche de stabilité pour les industriels, appel à la liberté de choix des consommateurs et inquiétudes climatiques mises en avant par les États et les ONG, c’est tout l’avenir de la voiture américaine qui se joue aujourd’hui sur le terrain des normes de consommation, bien au-delà du seul marché intérieur.

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