Vinted et Leboncoin : des produits issus des pillages du 17 octobre mis en vente en ligne
Quelques heures après les violences qui ont suivi la manifestation du 17 octobre à Paris et dans d’autres grandes villes, des annonces suspectes ont commencé à apparaître sur Vinted et Leboncoin. Des articles de sport, des appareils high-tech ou des produits cosmétiques neufs, vendus par lots à des prix très bas, ont été repérés. Ces publications laissent rapidement penser qu’il s’agit d’objets volés, notamment ceux issus des vitrines brisées la veille.
Sur TikTok et X (Twitter), certains individus filmés exhibent leur butin en renvoyant vers leurs profils vendeurs. Plusieurs internautes ont aussi repéré des annonces mentionnant explicitement l’origine des produits, avec des mentions telles que « 17 octobre ». L’indignation grandit face à ces pratiques, mais ces découvertes soulèvent aussi de lourds risques juridiques pour les vendeurs et acheteurs.
De la manifestation du 17 octobre aux ventes en ligne : comment le butin a été mis en vente
Le 18 octobre au matin, un jeune homme publie une vidéo TikTok où il montre trois montres Rolex et plusieurs sacs à main de luxe, en écrivant « J’ai rentré mon 17 octobre ». Un autre montre un sac rempli de smartphones et de tablettes, avec une main tatouée bien visible. Peu après, ces mêmes types de produits apparaissent dans des annonces sur les plateformes de seconde main.
On retrouve notamment des cosmétiques neufs, des baskets de marques, des jeux vidéo ou encore des maillots de football. Selon la plateforme Bilto, quelques heures après le pillage d’une boutique officielle du LOSC à Lille, des maillots du club sont déjà en vente sur Vinted, certains avec leur antivol encore fixé. Certains vendeurs assument ouvertement que leurs produits proviennent de ces actes de vandalisme, tandis que d’autres internautes publient carrément des annonces pour acheter ces articles volés.
Une réaction d’indignation face à la vente d’objets volés
Sur le forum r/vinted_france, plusieurs utilisateurs racontent avoir vu des recherches de maquillage neuf accompagnées de la mention « 17 octobre ». L’un d’eux déplore : « C’est seulement de l’incitation au recel d’objets volés. » Il critique ces acheteurs qui recherchent des produits neufs à prix d’occasion, profitant ainsi des vols pour se fournir. Certains dénoncent également le fait que ces pratiques mettent en difficulté les petits commerçants, qui risquent de perdre de l’argent.
Les enseignes de sport ont aussi exprimé leur choc face à cette situation. Sur LinkedIn, le responsable de Snowleader, Thomas Rouault, parle d’un « traumatisme » pour ses équipes et de la « destruction du travail accompli ». À l’instar, Aymeric De Rorthays, directeur d’Au Vieux Campeur, souligne qu’il sera intéressant de voir quels produits seront prochainement mis en vente, alors que plusieurs magasins comme Intersport, Decathlon ou Foot Locker ont aussi été victimes de ces actes.
Le recel de vol : un délit lourd de conséquences
Sur Reddit, un message renvoie vers la fiche du service public, rappelant que profiter de biens volés constitue un recel. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à cinq ans de prison et 375 000 € d’amende. En cas de recel aggravé, ces sanctions peuvent atteindre dix ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende. La loi précise que l’on peut être condamné même si le voleur n’a jamais été identifié.
acheter à bas prix un lot mentionné comme « 17 octobre » comporte donc un risque pénal important. Les utilisateurs de Vinted ou Leboncoin qui tombent sur ce type d’annonces sont invités à les signaler immédiatement à la plateforme, plutôt que de céder à la tentation de faire une « bonne affaire » qui pourrait leur coûter cher.














