François Hollande regrette la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires
Invité sur BFMTV ce mardi 15 septembre, l’ancien président de la République, François Hollande, a exprimé ses regrets concernant la décision qu’il a prise il y a 14 ans. Il estime qu’il aurait dû s’abstenir de retaxer les heures supplémentaires.
Il a déclaré : « Je pense que ça a été une erreur. Il y a eu une détaxation, on pouvait la critiquer, je l’ai critiquée. Mais retaxer les erreurs supplémentaires, pour ceux qui travaillent, n’a pas été une bonne décision au moment où elle a été prise. »
Cette mesure, symbole du quinquennat de Nicolas Sarkozy, avait permis à plus de neuf millions de salariés de bénéficier d’une exonération fiscale sur leurs heures supplémentaires. Sa suppression était un engagement de campagne de François Hollande, qui souhaitait revenir sur cette décision.
La suppression de la défiscalisation avait un coût important pour les finances publiques, estimé à 4,5 milliards d’euros en 2011 selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Elle aurait également eu un impact négatif sur l’emploi, avec la destruction de 30 000 emplois en 2011, toujours selon l’OFCE.
Un dispositif similaire instauré par Emmanuel Macron
Après la fin de cette mesure, en 2012, de nombreuses voix au sein du Parti socialiste critiquaient cette décision et réclamaient sa remise en place. En 2013, le député Philippe Doucet déclarait que c’était une erreur politique, soulignant que, malgré une bonne intention initiale visant à lutter contre le chômage, les entreprises n’avaient pas embauché dans le système existant.
Ce n’est qu’en fin 2018 qu’Emmanuel Macron a mis en place un dispositif similaire, reprenant une mesure proche de celle supprimée par Hollande.
François Hollande a aussi critiqué le bilan économique de son successeur. À la sortie de l’Élysée, il a indiqué avoir laissé les comptes publics à moins de 3 % de déficit, contre 5,5 % à son arrivée. Il a également souligné que le déficit de la Sécurité sociale s’élevait à 25 milliards d’euros, contre un équilibre qu’il considérait comme acquis lors de son mandat, dénonçant une politique de distribution de fonds publics qu’il juge irresponsable.














