La France confirme sa souveraineté sur les îles Matthew et Hunter
Ce mercredi 2 septembre, la France a affirmé qu’elle ne renoncera pas à sa souveraineté sur les îles Matthew et Hunter. Ces territoires, situés dans le Pacifique, sont revendiqués par le Vanuatu, qui a déposé une requête devant la Cour internationale de justice (CIJ).
La ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux, Eléonore Caroit, a déclaré que la France répondra « en temps voulu » à cette démarche. Elle a précisé que la position française reste ferme et claire : il s’agit d’un rappel de la souveraineté de la France sur ces îles.
« La position de la France est celle du dialogue et de l’ouverture, mais il n’a jamais été question de renoncer à cette souveraineté », a-t-elle insisté. La ministre a également indiqué que Paris prendra acte « à ce stade » de la requête du Vanuatu et qu’elle répondra à la fois sur la compétence de la CIJ et sur le fond du dossier.
Les enjeux de la revendication
Les îles Matthew et Hunter se trouvent à environ 300 kilomètres au sud du Vanuatu et à plus de 400 kilomètres à l’est de la Nouvelle-Calédonie. Ces îlots inhabités de moins d’un kilomètre carré assurent à la France une zone économique exclusive (ZEE) de 350 000 kilomètres carrés.
Le Vanuatu revendique ces îles depuis son indépendance, obtenue en 1980, en affirmant qu’elles lui appartiennent. Ralph Regenvanu, ministre vanuatais de l’Environnement, a déclaré que leur pays a décidé de déposer une requête à la CIJ pour résoudre ce différend, après avoir discuté longtemps de la question.
Nous avons décidé que nous avions discuté de ce problème assez longtemps, et nous avons maintenant soumis une requête à la Cour pour résoudre ce problème.
Si Paris refuse la compétence de la CIJ, le Vanuatu envisage une autre voie, celle de demander un avis consultatif à l’Assemblée générale des Nations unies, par un vote à la majorité, a expliqué Ralph Regenvanu.
Les preuves et les discussions en cours
Le Vanuatu présente notamment un « dossier culturel » soutenu par les chefs coutumiers de Kanaky, qui reconnaissent que ces îles appartiennent au Vanuatu. La CIJ a annoncé mardi avoir reçu la requête, mais aucun acte de procédure n’a encore été lancé, tant que la France n’a pas accepté la compétence de la cour.
Les deux pays ont entamé des négociations en 2025 pour tenter de trouver un compromis, notamment sur la délimitation de leurs zones économiques exclusives. Ces discussions, initialement prévues pour début 2026, ont été reportées pour éviter un conflit avec des échéances électorales en Nouvelle-Calédonie.
En mai dernier, le Premier ministre du Vanuatu, Jotham Napat, a accusé Paris de pratiques coloniales et a menacé d’utiliser toutes les voies diplomatiques et juridiques si les négociations n’aboutissaient pas.














