Les incendies qui ravagent la France causent des dégâts importants, tant matériels que psychologiques. Les personnes qui perdent leur maison ou un paysage qu’elles connaissent bien peuvent aussi subir des blessures invisibles. Quelles sont les conséquences de ces feux sur la santé mentale ?
Depuis le début de l’année, près de 100 000 hectares de forêt ont été détruits en France. Ces flammes dévastent tout sur leur passage, comme la maison de Pascal à Correns, dans le Var, qui témoigne de son traumatisme : « C’est une violence extrême, c’est très très très violent. C’est ultra violent. Je ne comprends pas où sont passées les choses. Elles vont totalement disparaître. On essaie déjà d’accepter, d’accepter ».
Les victimes et leurs traumatismes
Certains ont tout perdu, d’autres ont dû quitter leur domicile en urgence, ce qui peut provoquer des traumatismes. Selon le psychologue Jean-Pierre Bouchard, ces troubles peuvent varier : ils incluent une anxiété intense ou des images du feu qui ressurgissent involontairement, ainsi que des odeurs marquantes. Cependant, pour la majorité des personnes, ces symptômes ont tendance à s’atténuer avec le temps.
Les personnes qui vivent dans la région mais ne sont pas directement touchées par l’incendie peuvent aussi être affectées psychologiquement. «Les habitants qui retournent sur place vont faire face, maintenant mais aussi pour des années, à un paysage qu’ils ne reconnaissent plus» explique le psychologue. La transformation du paysage peut intensifier le sentiment de perte et de choc.
Paradoxalement, l’entraide et la solidarité qui émergent lors de ces crises peuvent aussi avoir un effet négatif. Lorsqu’elles s’estompent, beaucoup de sinistrés se retrouvent seuls face à leur douleur et à leur perte.














