Une réunion pour garantir l’accès au financement des candidats à la présidentielle
La semaine dernière, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué les principaux représentants des banques françaises. L’objectif : discuter de la possibilité pour tous les candidats à l’élection présidentielle de bénéficier de financements nationaux pour leur campagne. Cette démarche intervient à moins d’un an du scrutin.
Selon l’entourage du Premier ministre, cette réunion visait à explorer « les moyens par lesquels les banques françaises pourraient permettre à tous les candidats engagés dans la course présidentielle de décrocher un prêt bancaire français ». La question de l’accès au crédit demeure sensible, notamment pour certains partis politiques.
Les difficultés du Rassemblement national à obtenir des prêts
Le Rassemblement national est particulièrement concerné par cette problématique. Le parti de Marine Le Pen a en effet souvent rencontré des obstacles pour obtenir des financements auprès des banques françaises. En 2022, Marine Le Pen a dû recourir à une banque hongroise pour financer sa campagne, avec un prêt de 10,7 millions d’euros. Par le passé, le parti a aussi bénéficié de prêts de banques russes liées au Kremlin, avant que cette pratique ne soit interdite en 2017.
Matignon souhaite que « tous les candidats puissent obtenir un prêt français pour financer leur campagne », afin d’éviter toute dépendance à des réseaux financiers étrangers. Ce souci est également lié au projet de François Bayrou, qui envisage la création d’une « banque de la démocratie ».
Les propos des responsables du Rassemblement national
En avril, Jordan Bardella, président du RN, avait dénoncé sur BFMTV l’absence de solutions concrètes pour le financement de leur campagne. Il expliquait que les banques françaises refusaient d’accorder des prêts, malgré un faible risque de non-remboursement, en raison de conditions jugées trop strictes.
De son côté, Sébastien Chenu, vice-président du RN, avait qualifié cette situation de « problème démocratique ». Il soulignait que le financement des partis politiques faisait partie intégrante du fonctionnement démocratique en France, et dénonçait une situation « totalement indécente ».
Une proposition de soutien financier par l’État
En mai, Daniel Baal, président de la Fédération bancaire française (FBF), avait suggéré que l’État intervienne pour faciliter le financement des candidats. Il proposait notamment que l’État garantisse une partie des prêts ou verse une avance aux candidats, pour simplifier leur accès au crédit.
Il estimait que prêter de l’argent à des candidats représentait un vrai risque pour les banques, surtout après l’invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. L’entourage de Sébastien Lecornu évoque lors de la réunion la possibilité qu’un accord entre plusieurs banques permette à l’État de couvrir une partie du risque de non-recouvrement.














