PARTAGER

Dans la nuit de lundi à mardi, l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi d’urgence agricole. Le texte a été voté avec 296 voix pour, majoritairement celles de la droite et de l’extrême droite, et 224 contre. La mesure la plus contestée concerne la réautorisation dérogatoire de deux néonicotinoïdes, des pesticides jugés dangereux pour la santé. Un député de La France Insoumise, Manuel Bompard, a dénoncé cette réintroduction comme étant une mesure risquée pour la santé publique.

Des divisions autour de la question des pesticides

Face à cette mesure très critiquée, le ministre de l’Agriculture, Sébastien Lecornu, a proposé aux députés de déposer un amendement pour supprimer cette disposition. Il a indiqué que si cet amendement était présenté, il serait adopté, car une majorité de députés y était favorable. Selon un cadre de l’Assemblée, cette mesure est considérée comme une « ligne rouge » pour beaucoup d’entre eux, notamment pour Gabriel Attal et son groupe, qui se souviennent de l’épisode Duplomb, une précédente controverse sur les pesticides, qui avait suscité beaucoup d’opposition dans l’opinion publique.

Malgré cette ouverture, le gouvernement a jugé irrecevables tous les amendements déposés lors du débat final sur le projet de loi. Cette décision a accentué la tension dans l’hémicycle. La loi a finalement été adoptée après minuit. Si la ministre de la Transition écologique, Annie Genevard, semblait satisfaite, Elisabeth Borne, alors Première ministre, aurait été beaucoup moins enchantée, selon une source du Figaro.

Une scène tendue entre Elisabeth Borne et une ministre d’Emmanuel Macron

Selon plusieurs témoins, l’atmosphère était très tendue lors de cette séance. La source indique qu’Elisabeth Borne aurait exprimé sa frustration face à l’issue du vote en interrompant la séance. C’est à ce moment précis qu’une altercation aurait éclaté entre elle et la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.

Cette dernière aurait défendu la réintroduction de l’acétamipride, un autre pesticide, en insistant sur la nécessité de faire confiance à la science. Elisabeth Borne aurait répliqué violemment, déclarant qu’elle n’était pas d’accord, tout en étant hors d’elle. Plusieurs témoins évoquent une scène explosive, où Elisabeth Borne aurait approché Genevard en gesticulant fortement. Certains parlent même d’un moment où elles auraient failli en venir aux mains. Plusieurs députés, dont certains macronistes, décrivent l’ambiance comme « très chaude » et « physique ».

LAISSER UN COMMENTAIRE