Un vote défavorable pour la primaire à gauche
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a subi un revers lors du vote de ses militants ce jeudi 10 juillet. Ces derniers ont préféré une primaire fermée, réservée aux adhérents, plutôt qu’une primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche. La première option, soutenue par Faure, aurait permis la participation d’écologistes et d’anciens insoumis comme Clémentine Autain ou François Ruffin. Cependant, elle n’a recueilli que 44,5 % des voix, un résultat décevant pour le leader socialiste.
Ce vote intervient après une semaine marquée par des tensions internes, notamment lorsque Faure a voté la censure du gouvernement, en dépit de l’opposition de son propre groupe parlementaire. Pourtant, malgré cette défaite, Olivier Faure affirme ne pas s’inquiéter. Il explique que la démocratie au sein du parti doit respecter la volonté des militants et qu’il se doit d’appliquer la décision prise.
Une position confortable pour Faure
Selon ses proches, Olivier Faure ne prévoit pas de démissionner. Un opposant interne précise qu’il sait qu’il est en sécurité, car le parti ne le destituera pas, évitant ainsi un nouveau congrès à moins d’un an de la présidentielle. Le scrutin de jeudi a confirmé la majorité des forces opposées à Faure, notamment celles de Boris Vallaud et de certains courants du parti.
Ce résultat met fin à l’idée d’une grande primaire de toute la gauche, qui aurait regroupé plusieurs partis hors de La France insoumise, une idée portée par certains militants et personnalités comme Lucie Castets ou Marine Tondelier.
Les candidats et leurs ambitions
Parmi les candidats déjà déclarés, Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidentielle, a officialisé sa candidature. Elle rejoint Jérôme Guedj et Philippe Brun, qui ont également annoncé leur participation. D’autres figures de la gauche, comme Raphaël Glucksmann, restent favoris dans les sondages. Cependant, leur soutien dans la primaire reste incertain, notamment pour Glucksmann qui n’a pas encore confirmé sa candidature.
Ce dernier, bien que populaire dans l’espace social-démocrate, ne dépasse pas les 10 % d’intentions de vote en moyenne. Son entrée officielle dans la course pourrait lui permettre de bénéficier du soutien des militants socialistes et des ressources du parti.
Les intentions d’Olivier Faure et de Boris Vallaud deviennent de plus en plus affirmées, laissant envisager une compétition interne pour représenter la gauche à la présidentielle de 2027.
Prendre des risques ou se préserver
Olivier Faure n’a pas exclu sa candidature, affirmant qu’il n’était pas « illégitime » à se présenter. Il indique que le moment venu, il se décidera. Pourtant, certains de ses proches craignent qu’il prenne un risque en s’engageant, compte tenu du mécontentement de ses militants. Un conseiller explique qu’il doit penser à son avenir après la présidentielle et éviter de sortir trop affaibli.
De leur côté, Boris Vallaud veut clairement y aller, mais la question du rôle de François Hollande reste en suspens. L’ancien président, redevenu député en 2024, pourrait-il se lancer dans la primaire ? Rien n’est certain pour l’instant.
La stratégie de Hollande
François Hollande préfère pour l’instant rester en retrait. Selon certains observateurs, il pourrait attendre que la candidature de Glucksmann échoue pour intervenir en tant que recours. Un sénateur socialiste évoque une stratégie pour laisser Glucksmann se « cramer » et apparaître comme le sauveur potentiel.
Par ailleurs, Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, a lui aussi annoncé qu’il ne participerait pas à cette primaire.
Une primaire à reconstruire
Une fois les candidats officiellement désignés, il faudra mobiliser un électorat plus large. La primaire est limitée à environ 50 000 votants : 40 000 adhérents du PS et 10 000 de Place publique. Certains responsables reconnaissent qu’il sera nécessaire d’attirer de nouveaux militants, voire de modifier les statuts, pour augmenter la participation.
Après l’élection du candidat, il reviendra à celui-ci de tenter de fédérer la gauche autour d’un programme commun, d’un accord législatif et d’un contrat de gouvernement. Certains, comme Marine Tondelier, ont déjà validé une candidature autonome, ce qui pourrait compliquer l’unité de la gauche.
Plusieurs personnalités, notamment Yannick Jadot ou Sandrine Rousseau, préconisent plutôt un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon ou d’autres forces de gauche, ce qui pourrait influencer la dynamique de la campagne.
Enfin, la campagne présidentielle semble désormais amorcée, avec de nombreux acteurs prêts à prendre part à la bataille pour 2027.














