Bruno Retailleau : « L’IA sera la souveraineté »
Le candidat des Républicains à la présidentielle a présenté mardi son projet consacré à l’intelligence artificielle (IA). Il s’est exprimé lors d’un événement organisé à la station F, à Paris, connue comme la plus grande pépinière de startups au monde.
Ce programme, intitulé « L’IA au service des Français et de leur indépendance », a été dévoilé sous forme d’un document d’une cinquantaine de pages. Il est également accessible sur le site du parti LR et a été annoncé dans les colonnes du journal Les Échos.
Bruno Retailleau compare l’IA au nucléaire pour la France. Il souligne que si le nucléaire a été un levier de souveraineté, l’IA pourrait devenir cette architecture de civilisation. Selon lui, l’intelligence artificielle surpassera même le choix stratégique du nucléaire, puisqu’elle sera omniprésente dans tous les aspects de la vie.
Le sénateur, qui utilise quotidiennement des agents conversationnels comme ChatGPT, Claude ou bientôt Vibe, insiste sur le fait que l’IA ne doit pas être une source de fascination béate ou de peur stérile. Il voit dans ces technologies une opportunité pour renforcer la France face à des contraintes telles que le vieillissement de la population ou la nécessité de gains de productivité.
Face à un contexte économique difficile, avec des études estimant que jusqu’à 5 millions d’emplois pourraient être menacés, Bruno Retailleau appelle à une réaction active. Il affirme que l’intelligence artificielle et la robotisation ne sont pas des conforts, mais des conditions essentielles pour maintenir le niveau de vie, les services publics et le modèle social français.
Une ambition pour tout le pays
Selon une étude récente, environ 16 % des tâches actuelles pourraient être automatisées grâce à l’IA générative. Le candidat LR voit dans ces outils une chance pour plusieurs secteurs, notamment ceux en tension, et invite les Français à s’en emparer. Il souhaite éviter que ces technologies soient contrôlées par des acteurs extra-européens ou une élite technicienne.
Bruno Retailleau défend une « ambition techno populaire » : « L’IA doit servir le pays tout entier », affirme-t-il. Il cite des exemples concrets : le patient dans une urgence, le salarié dont le métier évolue, l’enseignant, l’artisan, le maire, ou encore l’agriculteur. Tous pourraient bénéficier de cette révolution technologique.
Son projet prévoit aussi une série d’objectifs précis, sous l’égide d’un « État stratège ». Parmi eux : réduire de 40 % les tâches répétitives des fonctionnaires, libérer 250 000 postes à redéployer, créer un agent IA administratif unique (Marianne), instaurer un ministère dédié rattaché au Premier ministre, et lancer un plan d’urgence numérique nommé Vauban.
Ce plan inclut également le développement d’un cloud souverain sécurisé, l’accélération de la construction de data centers (un gigawatt en 2030, quatre en 2035), ainsi qu’un dispositif d’aide aux entreprises via un suramortissement pour leurs investissements en IA. La formation et la reconversion professionnelles seront également au cœur de cette stratégie.
Concernant le financement, Bruno Retailleau estime le coût global à 25 milliards d’euros sur cinq ans, en tenant compte des économies potentielles. Il compare l’IA au nucléaire du XXIe siècle, soulignant que la France doit faire preuve de lucidité, de volonté et d’endurance, non pas pour suivre, mais pour rester maître chez elle.














