Depuis l’affaire Lyhanna, le débat sur la protection contre les violences sexistes et sexuelles s’intensifie. Plus de 150 associations et syndicats appellent à manifester chaque lundi soir devant les tribunaux et le ministère de la Justice pour réclamer une loi intégrale. Cette mobilisation fait suite à une proposition déposée fin 2025, mais qui n’a jamais été examinée par le Parlement. Que contient précisément cette loi ?
Une loi pour traiter le problème globalement
La loi intégrale, aussi appelée loi cadre, comprend 79 articles. Elle vise à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Parmi ses mesures phares figurent la création d’unités de police et de juridictions spécialisées. Elle prévoit également un socle obligatoire d’actes d’enquête pour éviter que certaines affaires ne soient classées sans suite.
Un autre volet important concerne la prévention : chaque enfant aurait droit à un entretien annuel pour détecter d’éventuelles violences. Selon Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, cette loi vise à aborder la problématique dans sa globalité, en intégrant prévention, répression, solidarité et santé.
Un financement estimé à près de 3 milliards d’euros
Pour mettre en œuvre ces mesures, le budget prévu s’élèverait à près de 3 milliards d’euros. Selon Suzy Rojtman, ce montant est modeste comparé aux coûts à long terme liés aux violences subies par les femmes et les enfants. Elle insiste sur la nécessité d’une volonté politique forte pour faire avancer ce projet, en s’inspirant notamment du modèle espagnol, en place depuis 2004.
La députée Céline Thiébault-Martinez, qui avait déposé cette proposition à la fin de 2025, souligne que le gouvernement peut faire passer cette loi en procédure accélérée si la volonté est réelle.
Soutien politique et mobilisation citoyenne
Le lundi 8 juin, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a apporté son soutien à cette initiative. Elle a appelé le gouvernement à inscrire la loi à l’ordre du jour d’une session extraordinaire prévue en juillet ou septembre.
Par ailleurs, la mobilisation continue : chaque lundi soir, depuis l’affaire Lyhanna, associations et syndicats manifestent devant les tribunaux. Une pétition en ligne pour soutenir cette loi rassemble plus de 280 000 signatures. Le samedi 4 juillet, une nouvelle manifestation est prévue pour renforcer la demande.














