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L’Autorité de régulation de l’audiovisuel, l’Arcom, a décidé de mettre en demeure Radio France ce jeudi 11 juin. La raison : une sous-représentation du Rassemblement national (RN) durant la journée entre janvier et fin mars. Le groupe public a évoqué une « erreur technique » pour expliquer cette situation.

Selon l’Arcom, près de 60 % du temps de parole accordé aux représentants du RN sur France Inter a été diffusé entre minuit et 6 heures du matin. Sur France Info, cette proportion dépasse 70 % pour la même période, allant du 1er janvier au 31 mars. L’autorité souligne que ces chiffres constituent « des manquements aux règles du pluralisme politique ».

Ce laps de temps correspond à la période de campagne pour les élections municipales, qui se sont déroulées les 15 et 22 mars. L’Arcom précise que les représentants du RN sont, au regard de leur représentativité, insuffisamment présents dans les programmes diffusés en journée.

Un changement de logiciel

Radio France a expliqué avoir changé de logiciel en janvier pour comptabiliser les temps de parole. Ce nouveau logiciel ne distinguait pas entre le jour et la nuit. Un porte-parole de la radio a indiqué que cette erreur avait été corrigée.

La mise en demeure de l’Arcom est la dernière étape avant une éventuelle sanction financière si de nouvelles violations étaient constatées. L’autorité rappelle que ces anomalies sur le temps d’antenne du RN durant la nuit avaient déjà conduit, en 2025 et 2026, à des rappels à l’ordre de Radio France.

Pour l’Arcom, le respect du pluralisme politique est une obligation essentielle pour le service public, en raison de son devoir d’impartialité et d’exemplarité.

Réactions et enjeux

Marine Le Pen et Jordan Bardella, respectivement députée et président du RN, ont réagi à cette décision. La dirigeante du parti a déclaré que ce « comportement n’est plus supportable ».

Le président du RN a souligné que le sujet du pluralisme politique est « brûlant », surtout à l’approche de la présidentielle de 2027, et après la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public.

Une décision de l’Arcom concernant la chaîne d’information en continu CNews, propriété du milliardaire Vincent Bolloré, est également attendue prochainement. En janvier, Reporters sans frontières (RSF) avait saisi l’autorité pour demander des sanctions contre CNews pour des « manquements flagrants » en matière de pluralisme.

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