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Une majorité de Français exprime une méfiance envers la justice et une perception insuffisante de l’action de l’État face aux violences envers les enfants. Selon une enquête d’Elabe pour BFMTV publiée le 10 juin, 65% des personnes interrogées déclarent ne pas faire confiance à la justice française. Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop, souligne sur RMC une « colère sourde et froide de la population ».

Par ailleurs, l’enquête révèle que 82% des sondés pensent que l’État et le gouvernement ne sont pas suffisamment mobilisés sur ces sujets. La mort de Lyhanna, une collégienne dont le corps a été retrouvé dans le Gers, semble avoir renforcé cette défiance. Jérôme Fourquet explique que cette tragédie a ravivé une défiance ancienne envers la justice, déjà présente avant mais exacerbée par cette affaire.

Une plainte contre l’État déposée

Le principal suspect dans le décès de Lyhanna n’avait jamais été interpellé ou convoqué, malgré plusieurs signalements pour violences sexuelles sur mineurs. Une plainte a été déposée contre l’État par l’avocat de la mère d’une autre victime, dénonçant une « faute lourde ». Il accuse notamment le Garde des Sceaux, les procureurs de Toulouse et Auch, ainsi que les enquêteurs, pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « non-assistance à personne en danger ».

Une situation qui alarme

Le cas de Lyhanna met en lumière une difficulté du système judiciaire français face à la pédocriminalité et les violences sexuelles. Jérôme Fourquet évoque une prise de conscience progressive, mais aussi une « déliquescence et paupérisation » du système judiciaire, qui est débordé par la multiplication des affaires. Depuis l’ère #MeToo et le hashtag « balance ton porc » en 2017, la société française a commencé à briser certains tabous, mais cette libération a aussi révélé l’ampleur du problème.

Les révélations récentes ont suscité une forte émotion, mais aussi une colère profonde. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a présenté ses « excuses » à la famille de Lyhanna et aux Français, mais certains critiquent la réponse du gouvernement. Une source gouvernementale a notamment accusé la procureure d’Auch de ne pas avoir appliqué une circulaire priorisant la lutte contre les violences aux personnes, notamment la pédocriminalité.

« Des modes de fonctionnement » de la Justice « dépassés à l’heure du numérique et du digital », observe Jérôme Fourquet

Selon lui, le système judiciaire est à bout de souffle, avec une surcharge de plaintes et des méthodes obsolètes face aux enjeux numériques. Cette situation génère une combinaison de sidération et de colère dans la population.

Une démission de Darmanin, pour l’instant, écartée

Malgré la gravité de la situation, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a défendu Gérald Darmanin. Elle estime qu’une démission ne changerait pas les erreurs commises. Elle a expliqué que la responsabilité n’incombe pas uniquement à un ministre, mais à l’ensemble du système.

Par ailleurs, la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, a été placée sous protection policière après avoir reçu des menaces de mort en ligne. La colère ne faiblit pas, et certains acteurs du système judiciaire sont désormais directement ciblés par la haine.

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