Les magistrats en télétravail : une justice à l’arrêt selon Charles Consigny
La mère de Rosa, une jeune fille agressée par Jérôme B., principal suspect dans l’affaire Lyhanna, a raconté que sa plainte n’a jamais été réellement traitée, malgré ses relances auprès des autorités. Pour Charles Consigny, cette situation reflète une démobilisation générale de la justice et de la police.
Il explique que la mère de Rosa appelait régulièrement la gendarmerie, mais se heurta à un manque de réaction. Chaque semaine, elle recevait la même réponse : « C’est en cours », alors que rien ne progressait réellement. De plus, les déclarations de la fillette, confirmées par un examen médical, n’ont jamais été communiquées à la famille, ce qui aurait pourtant été crucial pour faire avancer l’enquête.
Des palais de justice vides dès 16h45 ?
Consigny dénonce la tendance à fermer les tribunaux tôt dans l’après-midi. Selon lui, certains palais de justice se vident dès 16h45, alors que des démarches doivent souvent être effectuées en personne. Il observe aussi que de nombreux greffiers et magistrats travaillent en télétravail, ce qui peut ralentir le traitement des dossiers, notamment pendant les périodes de vacances scolaires.
Il reconnaît que certains professionnels du secteur judiciaire travaillent intensément, mais il estime que d’autres sont démobilisés. Selon lui, cette situation est représentative d’un malaise plus large dans tout le pays.
Une démobilisation généralisée en France
Consigny évoque une perte de dynamisme dans plusieurs secteurs publics. La France, dit-il, souffre d’un mal profond : une démobilisation collective. Il rappelle que le passage des 35 heures au télétravail et à la « glandouille » contribue à cette situation. Pour lui, il est urgent de se remobiliser pour redonner de l’élan à la justice et aux institutions.
Un manque de moyens humains dans la justice
Il souligne qu’il existe quatre fois moins de magistrats en France que dans certains pays européens. Pour lui, le problème ne réside pas uniquement dans le financement, puisque le budget de la justice s’élève à 10 milliards d’euros par an, contre 650 milliards pour la protection sociale. Il critique aussi certaines décisions politiques, comme la réforme des retraites, qui, selon lui, limite la capacité d’investissement dans la justice.
Consigny dénonce également la gestion des allocations chômage, qu’il juge trop généreuses, permettant à certains jeunes de voyager grâce à ces aides. Il propose notamment de supprimer le remboursement des séances de psychologie, qu’il considère comme une dépense inutile dans certains cas.
Des choix budgétaires cruciaux
Il insiste sur la nécessité de faire des choix courageux pour que l’État fonctionne réellement. Selon lui, continuer à laisser faire conduira à une justice et à un système hospitalier de faible qualité, dignes de la Moldavie. La question, selon lui, est simple : voulons-nous une justice efficace ou non ?














