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Une alliance inattendue pour renforcer la loi sur l’urgence agricole

Les députés RN, LFI et écologistes ont uni leurs voix pour faire adopter une modification stricte de la loi sur l’urgence agricole. Leur objectif : interdire l’importation de produits traités avec des pesticides interdits en France.

Ce vote s’est déroulé lors de l’examen en première lecture d’un article du projet de loi du gouvernement, dans la nuit du 20 au 21 mai à l’Assemblée nationale. La version initiale de l’article, élaborée par la commission, permettait au ministre de l’Agriculture d’empêcher l’entrée sur le territoire de denrées contenant des résidus de pesticides interdits dans l’Union européenne, afin de lutter contre la concurrence déloyale.

Mais cette proposition a été considérée comme insuffisante par certains députés. La députée RN Florence Goulet a qualifié cette version d’« article positif mais en l’état trop limité ». De son côté, la députée LFI Aurélie Trouvé a estimé qu’elle « brasse de l’air », soulignant qu’elle ne bloquait pas la mise sur le marché de produits traités avec des substances interdites en France.

Un amendement plus strict déposé par LFI

Face à ces limites, Aurélie Trouvé a présenté un amendement visant à interdire explicitement « l’introduction », « l’importation » et « la mise sur le marché » de denrées agricoles ou alimentaires produites avec des pesticides ou médicaments vétérinaires interdits en France. Cet amendement concerne tout produit utilisé dans la protection de la santé humaine, animale ou de l’environnement.

Un vote critiqué par la ministre et le Parti socialiste

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a dénoncé cette mesure, estimant qu’elle pourrait donner un faux espoir aux consommateurs. Elle a souligné que cela serait difficile à faire respecter dans le cadre du marché unique européen et qu’un tel arrêt pourrait être rapidement contesté devant un tribunal.

Le Parti socialiste a également exprimé son opposition, qualifiant la mesure de « défiant la règle européenne » et peu efficace, selon le député Dominique Potier.

Malgré cette opposition, l’amendement a été adopté grâce aux voix des députés RN, LFI et écologistes. Environ 50 parlementaires d’opposition ont ainsi réussi à faire passer cette disposition, contre une quarantaine de membres du camp gouvernemental.

Les enjeux et la suite du débat

Les débats sur ce projet de loi se poursuivront jeudi, avec une discussion qui doit durer deux semaines. Le vote solennel est prévu pour le 2 juin, avant que le texte ne soit transmis au Sénat pour examen.

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