Les avocats réclament des modifications au projet de loi sur le plaider-coupable
La mobilisation importante des avocats a conduit le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à revoir son projet de loi concernant le recours au plaider-coupable en matière criminelle. RMC a pu consulter la lettre que le garde des Sceaux a adressée aux représentants de la profession.
Initialement présenté comme une mesure phare de la réforme judiciaire, ce dispositif visait à réduire l’engorgement de la justice. Il permettrait aux suspects de voir leur peine allégée et d’éviter un procès s’ils reconnaissent leurs actes à l’avance. Cependant, cette proposition a suscité une forte opposition.
Une réduction du périmètre du dispositif
Après avoir rencontré des représentants des avocats en début de semaine, Gérald Darmanin leur a envoyé, ce mardi 12 mai, une lettre dans laquelle il annonce une réduction significative de l’application du plaider-coupable. Selon cette lettre, la procédure ne concernerait désormais que certains cas précis.
Une mesure limitée à certains crimes
Le ministre souhaite limiter cette procédure aux affaires de braquages et de coups mortels. Cette proposition, qualifiée de « de bons sens » par Julie Couturier, présidente du Conseil national des barreaux, vise à calmer la controverse.
Les avocats craignaient que l’application de cette procédure, notamment dans des affaires sensibles comme les infractions sexuelles, ne mette en danger les victimes ou n’accélère indûment les procès. Julie Couturier explique qu’ils avaient le sentiment que cette procédure pourrait forcer victimes et accusés à accepter rapidement, parfois pour des raisons de délai.
Une controverse sur l’impact réel
Certains avocats, restant anonymes, évoquent une opération de communication, arguant que le projet de loi ne concernerait que très peu de dossiers chaque année. Ils estiment que cette réforme ne changera pas fondamentalement le fonctionnement de la justice en France.
Le projet doit être examiné en séance à l’Assemblée nationale le 29 juin, après son adoption au Sénat. La crainte demeure que cette réforme soit limitée dans ses effets, malgré les ajustements apportés par le gouvernement.














