PARTAGER

Une commémoration annulée pour des raisons budgétaires et d’intérêt public

Pour la première fois depuis une dizaine d’années, la mairie de Vierzon, dirigée depuis mars par une liste d’extrême droite, n’a pas organisé de cérémonie pour la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage, ce dimanche 10 mai. La municipalité a expliqué cette décision par des économies à réaliser et un faible intérêt des habitants pour cet événement.

Yves Husté, maire-adjoint Les Républicains (LR) chargé de la mémoire et des anciens combattants, a indiqué à l’AFP que cette journée ne figure pas dans la liste officielle des 12 journées commémoratives nationales. La journée de l’abolition de l’esclavage a été instaurée par un décret de Jacques Chirac en 2006, qui prévoit que des cérémonies soient organisées dans chaque département à l’initiative du préfet.

Arguments de la municipalité

Selon l’élu, la décision de ne pas organiser de commémoration s’appuie sur deux raisons principales. D’une part, il a souligné que « personne ne venait » à cette journée, estimant que « c’est un fait historique qui n’a aucun lien avec le présent ». D’autre part, il a évoqué la situation financière difficile de la ville, comptant 25 000 habitants, avec une dette de 32 millions d’euros et 2,5 millions d’euros de factures impayées.

Il a indiqué que la ville cherchait à faire des économies pour éviter une mise sous tutelle. Le coût d’une telle cérémonie aurait été d’environ 1 500 euros, comprenant notamment le dépôt d’une gerbe de fleurs payé par la municipalité.

Une cérémonie organisée par l’ancien maire

De son côté, Nicolas Sansu, député communiste du Cher et ancien maire de Vierzon, a organisé une cérémonie en déposant des fleurs, avec des allocutions et des lectures de poèmes. Il a critiqué cette décision, affirmant qu’il ne s’agissait ni d’un oubli ni d’un souci d’économies, mais d’une volonté de flatter les électeurs d’extrême droite qui pourraient être tentés par des idées racistes.

Yves Husté a exprimé sa compréhension envers ceux qui tiennent à cette journée, précisant qu’il n’avait pas empêché la cérémonie organisée par l’ancien maire.

Contexte politique

Fin mars, une liste d’union d’extrême droite a remporté l’élection municipale à Vierzon, une ville traditionnellement à gauche et communiste depuis longtemps. La liste, menée par Yannick Le Roux, un policier de 50 ans, a recueilli près de 48 % des suffrages, regroupant notamment des élus du Rassemblement national (RN) et de Reconquête !

LAISSER UN COMMENTAIRE