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Une décision surprise en plein contexte politique

Ce mercredi, Élisabeth Borne, ancienne Première ministre, a annoncé son départ de la direction de Renaissance, le parti présidentiel. Son départ intervient peu avant la publication de son livre, ce qui a surpris certains observateurs.

Elle a expliqué sur France Inter qu’elle était en désaccord avec la ligne actuelle du parti. Elle regrette que ses idées ne soient pas suffisamment débattues en interne, notamment celles défendues par Gabriel Attal, le patron de Renaissance.

Un positionnement clair mais une appartenance toujours affirmée

Malgré cette rupture, Élisabeth Borne ne souhaite pas quitter la majorité présidentielle. Elle insiste sur son attachement aux militants et aux valeurs portées en 2017. Elle prépare également la création d’un nouveau mouvement, baptisé « Bâtissons ensemble ».

Elle a aussi abandonné l’idée de rejoindre Horizons, le parti d’Édouard Philippe, ou le Modem, qui ont connu des difficultés ces derniers mois. À la place, elle souhaite lancer un mouvement à l’intérieur même de Renaissance, à l’image de ce que Guillaume Kasbarian a déjà entrepris.

Relations conflictuelles avec Gabriel Attal

Les propositions du patron de Renaissance, telles qu’un « nouveau code du Travail » ou la suppression du plafond d’heures supplémentaires, ont suscité la colère d’Élisabeth Borne. Elle voit ces idées comme étant presque présidentielles et ne partage pas cette vision.

Ce désaccord est aussi personnel. Depuis plusieurs mois, elle est en froid avec Gabriel Attal, qui lui a succédé à Matignon en janvier 2024. Elle avait même envisagé de se présenter à la direction du parti après la dissolution, mais avait finalement renoncé, préférant un compromis avec lui.

Selon certains proches, Élisabeth Borne a toujours eu une implication limitée dans la gestion du parti, ce qui explique en partie sa décision de partir. D’autres estiment qu’elle ne participe pas vraiment aux débats internes depuis longtemps.

Une stratégie pour faire « mal » à Attal

Son départ n’est pas anodin. Elle n’a pas participé au bureau exécutif du parti la semaine dernière, alors que les candidats pour la présidentielle devaient être désignés prochainement. La date limite pour cette décision est fixée au 12 mai, lors du Conseil national.

Son retrait intervient à un moment où Gabriel Attal multiplie ses efforts pour remporter l’investiture présidentielle, dans le but de déloger Édouard Philippe, qui reste favori dans les sondages. Certains analysent que cette décision vise aussi à le « faire chier ».

Élisabeth Borne a déjà critiqué le parti dans la presse, la qualifiant d’ »agence de com » de Gabriel Attal. Elle a aussi pris ses distances avec plusieurs propositions du parti, comme l’interdiction du voile pour les mineures ou le financement par capitalisation des retraites.

Une volonté d’influencer le futur président

Dans ses interviews et ses livres, Élisabeth Borne propose des idées pour la campagne. Elle évoque notamment un septennat non renouvelable, mais n’envisage pas elle-même de se présenter à la présidentielle. Elle préfère plutôt peser sur le programme d’un candidat ou le rejoindre plus tard dans la campagne.

Elle a rencontré ces derniers mois plusieurs personnalités politiques, dont Édouard Philippe, François Hollande ou Xavier Bertrand, avec l’espoir de rester influente dans le futur paysage politique.

Son objectif serait de devenir indispensable pour espérer obtenir un poste clé après la présidentielle, comme une fonction ministérielle ou la présidence de l’Assemblée nationale.

Une politique toujours active

Élisabeth Borne reste déterminée à continuer sa carrière politique. Elle indique qu’elle souhaite continuer à faire de la politique, quitte à se couper définitivement de Renaissance si besoin. Son départ de la direction du parti s’inscrit dans cette volonté de garder une certaine liberté d’action.

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