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Le gouvernement a décidé de reporter sine die la loi visant à autoriser le travail le 1er mai, ce qui suscite la colère de certains artisans, notamment des boulangers. Ces professionnels regrettent de ne pas pouvoir ouvrir leur commerce ce jour-là, sous peine de sanctions.

Ce lundi, le gouvernement a annoncé qu’il n’allait pas examiner la loi permettant d’étendre le travail le 1er mai, excluant la possibilité d’organiser une commission mixte paritaire sur ce sujet. Si cette décision a été perçue comme une victoire par les syndicats et la gauche, elle a provoqué la frustration chez de nombreux artisans. Un boulanger niçois a ainsi déclaré : « On empêche les gens de travailler, autant rester fermé et couché. »

Depuis 1948, le 1er mai est un jour férié chômé, conformément à l’article 3133-4 du Code du travail. Actuellement, seuls certains établissements, comme les transports ou les hôpitaux, peuvent faire travailler leurs employés ce jour-là, en raison de la nature de leur activité.

Une majorité d’artisans souhaitent toutefois ouvrir leur commerce ce jour-là. Cependant, en cas de non-respect de la loi, ils s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 750 euros par salarié concerné, voire 1.500 euros si le salarié est mineur. Lors d’un contrôle, des sanctions administratives ou des poursuites peuvent également être engagées contre l’établissement.

Un sujet sensible

La proposition de loi visant à autoriser le travail le 1er mai a été vivement dénoncée par les syndicats. Elle aurait permis aux salariés de certains commerces de proximité — boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes — ainsi qu’à des établissements culturels comme les cinémas ou théâtres, de travailler ce jour-là.

Vendredi, les députés ont adopté une motion de rejet de cette loi, proposée par le gouvernement. Grâce à cette motion, le texte aurait pu être adopté sans examen en première lecture, après une procédure rapide de commission mixte paritaire, afin d’être applicable dès le 1er mai.

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a souligné mardi que « le gouvernement est conscient de la sensibilité particulière de ce sujet » lors d’une réunion avec les représentants syndicaux.

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