Le tribunal correctionnel de Strasbourg a décidé mercredi 4 mars de relaxer Rima Hassan, députée européenne LFI, dans une affaire d’injure publique. Elle était poursuivie par une élue socialiste locale, suite à des échanges sur les réseaux sociaux.
Les faits à l’origine de l’affaire
L’affaire remonte à novembre 2024. À cette date, Rima Hassan avait publié un message sur le réseau social X (anciennement Twitter), après que l’université de Strasbourg lui a refusé l’organisation d’une conférence sur la Palestine. La conseillère municipale de l’opposition socialiste Pernelle Richardot avait alors réagi en se félicitant de cette interdiction, la qualifiant de « décision courageuse » et accusant l’université de servir de tribune aux groupes islamistes.
Les échanges sur les réseaux sociaux
En réponse, Rima Hassan a publié une déclaration où elle a qualifié Pernelle Richardot d’« islamophobe assumée » et l’a accusée d’appartenir à « la gauche coloniale ». Elle a conclu son message par une phrase laissant entendre que « personne n’oubliera ».
Les réactions et le contexte
Pernelle Richardot a décrit ces propos comme étant d’une « violence inouïe ». Elle a aussi évoqué une « attaque personnelle » qui l’avait profondément bouleversée, en particulier lors d’une audience le 10 décembre, à laquelle Rima Hassan n’avait pas assisté. La conseillère municipale avait affirmé que ces propos lui avaient fait peur, ainsi qu’à son entourage.
Décision du tribunal
Le tribunal a jugé que si les propos de Rima Hassan relevaient bien d’une injure publique, ils s’inscrivaient dans le cadre d’un débat public et politique entre deux élues. Selon la justice, ces échanges n’avaient pas dépassé les limites de la liberté d’expression, car ils étaient liés à un contexte de polémique et de débat souvent virulent.
Vincent Brengarth, l’avocat de Rima Hassan, s’est montré satisfait de cette décision. Il a souligné que le tribunal a résisté à une tentative de criminalisation de la parole de sa cliente.
Les réactions des parties
De son côté, l’avocate de Pernelle Richardot, Sabrina Goldman, a exprimé sa déception. Elle a estimé que cette décision était « très décevante » et que sa cliente, en dénonçant l’extrémisme, s’était « fait mettre une cible dans le dos ».
Ces tensions ne sont pas nouvelles. En octobre 2025, Pernelle Richardot avait déjà été accusée d’islamophobie par Marine Tondelier, la cheffe des écologistes. La conseillère municipale avait dénoncé ce qu’elle considérait comme un prosélytisme religieux dans une campagne municipale, en particulier une affiche montrant une femme portant un voile.














