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Une campagne sous l’ombre d’Éric Ciotti et Christian Estrosi

Sur la Côte d’Azur, l’affrontement latent entre Éric Ciotti et Christian Estrosi, deux figures politiques très influentes, domine le paysage politique en vue des municipales 2026. Dans cette ville à forte majorité de droite, les autres candidats ont du mal à se faire connaître et à exister médiatiquement.

Une visibilité difficile pour Cédric Vella

Cédric Vella, candidat niçois, peine à sortir de l’ombre du duo formé par Ciotti et Estrosi. Ce courtier en assurance de 31 ans, candidat Reconquête, explique qu’il est plus compliqué pour lui d’accéder aux réseaux, de rencontrer des syndicats ou d’organiser des événements. La rivalité entre ces deux poids lourds de la politique locale limite sa visibilité.

Il souligne également que, dans la population niçoise, beaucoup ignorent même l’existence d’une liste Reconquête, tant le duel Estrosi-Ciotti monopolise l’attention des médias et des électeurs.

Un duel politique incontournable

Lors de ses déplacements, Vella constate que les noms d’Éric Ciotti et Christian Estrosi reviennent systématiquement. Autrefois proches, ils se sont éloignés dans les années 2010 en raison de divergences politiques, consolidant leur statut de « mastodontes » locaux. La faiblesse de la couverture médiatique de sa propre campagne renforce la difficulté pour Vella de se faire entendre.

Pour se démarquer, il tente d’incarner « un vent de fraîcheur » en proposant une alternative au « système actuel », selon ses propres mots.

Une campagne originale à gauche : les « Pollumon »

Du côté de la gauche, la candidate écologiste Juliette Chesnel-Le Roux innove avec une campagne originale basée sur des « Pollumon », des tracts inspirés des cartes Pokémon. L’objectif est d’attirer l’attention des Niçois et de leur faire conserver ces documents plutôt que de les jeter.

Elle profite aussi de messages politiques sur ces cartes, critiquant la droite locale pour sa longue domination et ses méthodes qu’elle qualifie d’échec. La candidate se présente comme l’« alternative » face à une droite installée depuis 80 ans à Nice.

Deux listes de gauche en lice

Contrairement à Vella, Chesnel-Le Roux assure que sa visibilité n’est pas un problème, insistant sur la volonté de la gauche de faire entendre sa voix. Cependant, selon un sondage, sa liste recueille environ 13 % des intentions de vote, loin derrière Ciotti (41 %) et Estrosi (30 %).

Une autre liste de gauche, celle de Mireille Damiano, soutenue par La France insoumise, obtient environ 11 %, tandis que Vella est crédité de 4 %. La stratégie de ces listes est davantage orientée vers la constitution d’une opposition forte et radicale.

Soutiens et enjeux du débat télévisé

Les deux candidates espèrent tirer profit du débat organisé sur BFMTV, prévu ce lundi. Elles y voient une occasion de s’affirmer face à leurs adversaires et de faire entendre leur voix.

Juliette Chesnel-Le Roux bénéficie du soutien de figures nationales telles qu’Olivier Faure et Marine Tondelier, tandis que Mireille Damiano a reçu la visite de l’eurodéputé Manon Aubry. De leur côté, Cédric Vella attend la venue d’Éric Zemmour, espérant que la figure de l’ex-candidat à la présidentielle donnera un coup de pouce à sa campagne.

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