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Une alternative au lithium : le sodium, un élément courant du sel de table

Face à la dépendance européenne au lithium, dont l’approvisionnement est concentré en Asie, le sodium émerge comme une solution prometteuse pour la fabrication de batteries. La Chine, leader dans ce domaine, accélère déjà la production de masse, tandis que l’Europe reste encore hésitante à investir massivement dans cette technologie.

Le sodium, un composant simple du sel de table, attire l’attention des chercheurs. Philipp Adelhelm, de l’Université Humboldt de Berlin, explique qu’il existe désormais une alternative au lithium. Il dirige un groupe d’experts financé par le gouvernement allemand, avec la participation d’industriels comme BASF, Evonik et Varta. Leur objectif est de transformer cette technologie de laboratoire en une solution industrielle viable.

Les avantages du sodium

Le sodium présente plusieurs atouts : il est disponible partout dans le monde, son prix reste stable, et son extraction est moins polluante que celle du lithium. Cependant, la question reste de savoir si cette technologie pourra rivaliser avec les batteries lithium dans les véhicules électriques.

Progrès techniques et usages spécifiques

Pendant longtemps, les batteries au sodium ont été considérées comme une alternative de second choix, notamment en raison de leur densité énergétique inférieure à celle du lithium. Cela les rendait moins adaptées aux voitures nécessitant une grande autonomie. Pourtant, les progrès récents commencent à réduire cet écart de performance.

Pour certains usages, les batteries sodium présentent des avantages : elles résistent mieux au froid, ont une durée de vie plus longue, et sont moins risquées en cas d’incendie. Simon Lux, chercheur à l’Université de Münster, souligne que la production en grande quantité de ces batteries ne devrait pas faire augmenter significativement le prix du sodium, ce qui est une bonne nouvelle dans un marché souvent volatile.

Une production en marche, mais encore limitée

La Chine mène la course, avec le géant des batteries CATL qui prévoit de lancer la production en masse cette année. La société Changan a déjà présenté une berline équipée de cette technologie, avec une autonomie annoncée de plus de 400 km pour mi-2026. Reste à voir si ces chiffres seront confirmés par des tests indépendants.

Malgré ces avancées, il est peu probable que les batteries au sodium remplacent rapidement celles au lithium. Les véhicules haut de gamme continueront probablement d’utiliser des chimies plus performantes comme la NMC (nickel-manganèse-cobalt). La concurrence principale se jouera plutôt avec les batteries LFP (lithium-fer-phosphate), moins coûteuses mais aussi moins performantes, qui contiennent aussi du lithium.

Une situation prudente en Europe

En Europe, l’initiative dans ce domaine reste limitée. Une entreprise suisse, Phenogy, exploite une installation à Brême, en Allemagne, pour le stockage stationnaire d’énergie, mais les projets pour les voitures électriques sont encore à l’étape embryonnaire. Volkswagen, par exemple, travaille sur cette technologie sans avoir fixé de calendrier précis pour une production à grande échelle.

Ce conservatisme s’explique par l’incertitude entourant cette nouvelle technologie. Cependant, si l’Europe ne prend pas rapidement de mesures pour soutenir le développement du sodium, elle risque de prendre du retard face à la concurrence asiatique, notamment en termes de prix et de capacité industrielle.

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