Face à une augmentation de 11 % du nombre de refus d’obtempérer en 2025, le délégué général du Syndicat des commissaires de la police nationale a exprimé ses doutes concernant l’application des peines prononcées par la justice. Il s’est confié ce mardi 3 février sur RMC.
Une hausse préoccupante des refus d’obtempérer
Frédéric Lauze, secrétaire général du syndicat, a déclaré qu’il y aurait en moyenne entre 75 et 80 refus d’obtempérer par jour en France, soit environ un toutes les 20 minutes. Il considère cette situation comme très préoccupante.
Le dernier bilan annuel publié le 29 janvier par le ministère de l’Intérieur montre que ces refus ont augmenté de 11 % en 2025. Les refus aggravés, impliquant la mise en danger d’autrui, sont également en hausse.
Les violences envers les policiers, un phénomène en augmentation
Frédéric Lauze cite notamment plusieurs incidents récents. Il évoque neuf policiers blessés dans différentes villes, dont Nantes, la Seine-et-Marne et Argenteuil, où une policière a été traînée sur 100 mètres lors d’un refus d’obtempérer.
Les violences contre les forces de l’ordre en détail
Dans la nuit de dimanche à lundi, trois policiers ont été grièvement blessés après avoir tenté d’intercepter une voiture avec une fausse plaque d’immatriculation. Après une poursuite de 30 minutes, le conducteur a percuté un véhicule de police, causant des blessures aux agents. Frédéric Lauze indique que ces policiers sont toujours en soins et très traumatisés, soulignant que la violence contre la police est un véritable fléau. Il ajoute que la délinquance globale augmente fortement sur le long terme.
Concernant les refus d’obtempérer aggravés, la loi prévoit une condamnation pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Cependant, le syndicat déplore ne pas connaître précisément le nombre de peines réellement appliquées.
Les propositions pour renforcer la légitime défense
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez s’est rendu à Nantes pour rendre visite aux policiers blessés et a réaffirmé sa volonté de faire adopter une loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre lorsqu’elles utilisent leur arme. Frédéric Lauze soutient cette initiative, estimant qu’il est nécessaire de sécuriser les interventions policières face à la montée de la violence.
La secrétaire nationale du syndicat Unité-SGP Police FO, Linda Kebbab, partage cet avis. Elle explique que tant que la loi ne pourra pas prouver que le policier n’a pas agi dans le cadre légal, il ne devrait pas être poursuivi. Le ministre appelle, quant à lui, à une attitude plus ferme face à ces enjeux.














