La primaire de la gauche, initialement prévue pour le 11 octobre, semble aujourd’hui en péril. Selon un socialiste opposé à Olivier Faure, « la primaire est morte faute de combattants ».
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, souhaite une candidature unique de la gauche non mélenchoniste pour 2027, afin de lutter contre l’extrême droite. Il défend ce processus, dans lequel sont déjà engagés Marine Tondelier, la chef des écologistes, ainsi que des députés comme Clémentine Autain et François Ruffin. Cependant, ce projet est refusé par le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann. Faure a assuré que les militants socialistes seraient consultés.
Il a besoin de la primaire, car il pense que c’est elle qui va régler son rapport à l’opinion
Faure et Tondelier trop affaiblis pour imposer une primaire ?
Les résultats des municipales n’ont pas été favorables à leurs alliés. Marine Tondelier, qui avait annoncé sa participation à la primaire avant les élections de mars, souffre d’un bilan médiocre pour son parti, ayant perdu plusieurs grandes villes comme Strasbourg, Bordeaux, Besançon et Poitiers, tout en conservant Lyon.
Marine Tondelier est affaiblie
De son côté, Olivier Faure traverse une période difficile. Lors d’un bureau national, Boris Vallaud, un de ses proches, a pris la parole contre lui. Il a présenté une résolution, co-signée par plusieurs opposants à Faure, accusant la direction d’avoir permis des alliances avec La France insoumise lors du second tour des municipales dans certaines villes.
La crainte d’un « nouveau 21 avril 2002 »
À un an de la présidentielle, la stratégie de la gauche est largement discutée. Au-delà de la question du rapport avec La France insoumise, c’est bien la primaire qui est en jeu. Olivier Faure doit faire face au refus d’une partie de son camp, notamment avec le courant du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, qui préfère une candidature issue d’une gauche sociale-démocrate, regroupant le PS, Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve.
En février, Boris Vallaud est venu renforcer ces oppositions. Il estime que sans Raphaël Glucksmann, la gauche ne peut pas espérer une victoire et risque de se diviser. Faure a souvent répété qu’il n’était pas un adepte de la primaire mais qu’il y voyait un moyen de rassembler la gauche non mélenchoniste et d’éviter plusieurs candidatures.
Si chacun se décide par « ego mal placé », « on aura la même chose que le 21 avril 2002 »
Une primaire « plombée » sans le PS ?
Selon le président du conseil national du PS, Luc Broussy, « personne ne croit plus beaucoup à la primaire ». Il insiste toutefois pour que le périmètre d’alliance lors du premier tour des municipales (PS, écologistes, PCF, Place publique, ex-LFI) reste identique pour la présidentielle.
« Si les socialistes ne viennent pas, ils plombent la primaire c’est sûr »
Pour Marine Tondelier, si le PS ne participe pas, cela pourrait remettre en question la faisabilité de la primaire. Une autre figure du parti écologiste évoque la possibilité pour leur mouvement de présenter une candidature indépendante. François Ruffin, quant à lui, indique qu’il pourrait se présenter seul. Certains membres de La France insoumise craignent un retour d’un PS qui voudrait dominer la gauche.
Un cadre insoumis ironise : « Le PS a retardé la primaire pour mieux l’enterrer ».














