Les listes de droite à Nîmes fusionnent face au RN et à la gauche
À Nîmes (Gard), les deux principales listes de droite ont décidé de s’unir pour faire face au Rassemblement national (RN) et à la gauche. Après un premier tour marqué par leur division, cette alliance inattendue pourrait changer la donne pour le second tour.
Les candidats Franck Proust, soutenu par Les Républicains (LR), l’UDI et Horizon, et Julien Plantier, soutenu par Renaissance, ont finalement trouvé un terrain d’entente. Lors du premier tour, ils avaient obtenu respectivement 19,55 % et 15,55 % des voix, se plaçant derrière les deux autres formations en tête : le RN avec 30,39 % et la gauche avec 30,05 %. La liste de la gauche, menée par le communiste Vincent Bouget, a enregistré un résultat historique, tout comme le RN avec Julien Sanchez en tête, qui a réalisé une performance sans précédent dans la ville.
Une performance historique pour le RN et la gauche
Julien Sanchez, député européen du RN, a devancé de 163 voix la liste de gauche conduite par Vincent Bouget. C’est la première fois que le RN parvient à se hisser en tête à Nîmes lors d’une élection locale. La gauche, quant à elle, n’avait jamais rassemblé autant de suffrages, même lors de ses meilleurs résultats en 1995. La droite, en revanche, subit un net recul, notamment celle du LR, qui tenait la ville depuis plusieurs décennies.
Julien Sanchez affirme qu’il est le seul capable de battre la gauche dans cette ville. Il souligne que les électeurs, y compris ceux de ses colistiers, en ont assez de la stratégie de la défaite adoptée par certains élus. La performance du RN suscite aussi la surprise chez ses adversaires, mais elle traduit aussi un rejet important de la majorité sortante.
Une dynamique favorable à la gauche et au RN
Vincent Bouget, représentant de la gauche, analyse cette situation en évoquant une surprise mais aussi une évolution notable. Selon lui, le rejet de la majorité en place pourrait se confirmer lors du second tour. Il se déplace dans différents quartiers pour convaincre, notamment dans des zones où le vote lui semble plus favorable. La stratégie du camp de Bouget consiste à attirer des centristes déçus, tandis que le RN espère rallier à lui des électeurs insatisfaits de la gestion précédente.
Les négociations pour la fusion des listes
Après le premier tour, les responsables des listes de droite ont discuté toute la nuit pour organiser leur fusion. Sur le terrain, les divergences subsistaient. Franck Proust, confié à sa force, promettait qu’il n’y aurait pas de fusion entre deux tours, mais Julien Plantier l’a mis en garde sur ses promesses concernant la gratuité des cantines, bibliothèques et musées, estimant que cela pouvait nuire à leur crédibilité.
Finalement, ils ont trouvé un accord. Si la liste menée par Proust remporte la mairie, il en sera le maire. Julien Plantier deviendrait président de l’agglomération. Franck Proust a justifié cette alliance en affirmant que les deux camps partagent les mêmes valeurs et qu’ils peuvent parfois changer d’avis. Des concessions, comme une baisse de la fiscalité, ont également été négociées à la dernière minute.
Une alliance critiquée par le RN
Le RN, représenté par Julien Sanchez, voit cette alliance d’un mauvais œil. Selon lui, cette fusion pourrait lui faire perdre plusieurs points lors du second tour, ce qui rendrait la victoire plus difficile. Sanchez dénonce une « magouille » et regrette que ses propositions pour une liste commune aient été rejetées. Il estime que cette alliance profite surtout aux socialistes et écologistes présents dans la liste Bouget.














