Il y a un peu plus de trois ans, Cécile Kohler et Jacques Paris, deux enseignants syndiqués, ont été arrêtés en Iran. Leur détention a duré plusieurs années, mais leur situation a finalement évolué vers une issue positive. Le 7 avril 2026, le président Emmanuel Macron a annoncé leur libération, précisant qu’ils étaient en route vers la France.
Dans un message, le président a remercié les autorités omanaises pour leur médiation, ainsi que les services de l’État et tous ceux qui ont soutenu leur retour. Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a indiqué que les deux Français avaient exprimé leur émotion et leur joie à l’idée de retrouver leur pays et leurs proches. Il a également salué le travail de l’ambassade de France à Téhéran pour garantir leur sécurité durant leur exil.
Les accusations portées contre eux en Iran
Arrêtés lors d’un séjour en 2022, Cécile Kohler et Jacques Paris ont été accusés par les autorités iraniennes d’espionnage. Selon le tribunal révolutionnaire, ils auraient agi pour le compte de services étrangers, notamment le Mossad. Ils étaient également poursuivis pour « complot pour renverser le régime » et « corruption sur Terre ». Ce dernier chef, considéré comme très grave en Iran, peut conduire à la peine de mort.
Une vidéo de « confessions » diffusée à la télévision d’État en 2022 les montrait comme agents de la Direction générale de la sécurité extérieure, accusés de fomenter des troubles. Les autorités iraniennes ont aussi évoqué leur engagement syndical et leurs rencontres avec des syndicalistes iraniens comme preuves qu’ils cherchaient à encourager la contestation sociale, selon BFMTV.
De leur voyage en Iran à leur procès pour espionnage
Après avoir passé trois ans en détention à la prison d’Evin, ils ont été condamnés en 2025 à 20 ans pour Cécile Kohler, et à 17 ans pour Jacques Paris. Quelques semaines après leur condamnation, ils ont été libérés sous caution et placés en liberté conditionnelle. Ils ont été assignés à l’ambassade de France à Téhéran, tandis que l’Iran annonçait qu’ils resteraient sous surveillance jusqu’à leur prochaine étape judiciaire.
Les deux enseignants ont toujours nié les accusations. Jacques Paris parle d’otages d’État et affirme que leurs aveux ont été extorqués. Le 7 avril, Jean-Noël Barrot a déclaré que leur condition était très éprouvante, mais qu’il était déterminé à obtenir leur libération définitive et leur retour immédiat en France.
Une question de diplomatie et d’échanges de prisonniers
Ce dossier a rapidement pris une tournure diplomatique. En France, la traductrice Mahdieh Esfandiari, condamnée à un an de prison ferme pour apologie du terrorisme, a été évoquée comme une possible monnaie d’échange avec l’Iran. Téhéran aurait été ouvert à un tel arrangement, ce qui renforcerait l’idée que les accusations d’espionnage servaient aussi de levier dans ces négociations.
Les deux Français ont passé plus de trois ans en détention, d’abord à Evin, puis dans l’ambassade de France à Téhéran. Sur le papier, leurs condamnations pour espionnage, complot et corruption restent inscrites dans la justice iranienne.














