Une dépendance préoccupante de l’Europe à la Chine
Malgré ses ambitions d’autonomie et de développement des véhicules électriques, l’Union européenne doit faire face à une situation critique. La Cour des comptes européenne tire la sonnette d’alarme sur la dépendance du continent aux matières premières stratégiques.
Selon le rapport publié récemment, l’Europe ne parvient pas à sécuriser ses approvisionnements en métaux essentiels tels que le lithium, le nickel ou encore le cuivre. La majorité de ces ressources provient de l’étranger, souvent d’un seul fournisseur dominant : la Chine. Cette dépendance expose l’Europe à de graves risques géopolitiques.
Les efforts insuffisants pour sécuriser l’approvisionnement
Pour répondre à cette problématique, l’Union européenne a adopté en 2024 un règlement visant à garantir l’approvisionnement de 26 minerais clés. Cependant, selon les experts, ces mesures restent largement insuffisantes. Le rapport indique qu’aucun changement significatif n’a été observé à ce jour. À l’approche de la fin de la décennie, l’UE risque de ne pas disposer des réserves nécessaires pour ses industries stratégiques.
Sans ces matériaux, la transition écologique, la compétitivité industrielle et même l’indépendance économique de l’Europe seraient compromises. Si un partenaire commercial décidait de couper l’accès à ces ressources, l’économie européenne pourrait s’arrêter net.
Le recyclage, une solution encore limitée
Face à cette dépendance, Bruxelles a misé sur le recyclage des métaux. L’objectif était de récupérer les ressources contenues dans les vieux équipements. Cependant, le rapport révèle que sur les 26 matières premières critiques, seules sept atteignent un taux de recyclage entre 1 et 5 %. Pour dix d’entre elles, le recyclage est quasiment inexistant. Cela montre que l’économie circulaire est encore très loin d’être une réalité concrète.
Les obstacles à la production locale
Produire ou transformer ces minerais en Europe semble également hors de portée à court terme. La mise en place de nouvelles mines est un processus long, pouvant prendre plusieurs décennies. De plus, le coût élevé de l’énergie en Europe rend l’industrie de la transformation des minerais peu compétitive. Résultat : peu d’extraction, une transformation limitée et un recyclage insuffisant.
Selon le rapport, prétendre jouer un rôle de leader dans la transition verte sans contrôler ses propres ressources est une illusion. La dépendance à l’étranger, notamment à la Chine, demeure une faiblesse majeure pour l’Europe.














