En Slovénie, les automobilistes doivent désormais limiter leur achat de carburant à 50 litres par jour. Cette mesure d’urgence a été mise en place dans un contexte de flambée des prix du pétrole, liée notamment à la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui transite environ 20 % du pétrole mondial.
Les stations-service slovènes ont commencé à fermer leurs portes, obligeant l’État à intervenir en mobilisant l’armée pour assurer la distribution de carburant. La décision concerne aussi bien les particuliers que les professionnels, avec une limite de 200 litres par jour pour les entreprises et usagers prioritaires comme les agriculteurs ou certains transporteurs, jusqu’à nouvel ordre.
Une réponse immédiate face à une crise
Le Premier ministre slovène, Robert Golob, a assuré que cette mesure ne reflète pas un manque de stock global. Selon lui, les entrepôts sont pleins et il n’y a pas de risque de pénurie. Le gouvernement a également lancé une enquête contre le principal distributeur, Petrol, accusé de ne pas avoir géré correctement la crise. La société affirme que la hausse soudaine de la demande est la cause principale des difficultés d’approvisionnement.
Les causes de la crise slovène
La situation a été exacerbée par la forte différence de prix entre la Slovénie et ses voisins. En effet, l’essence 95 y coûtait 1,466 € le litre, contre plus de 1,83 € en Autriche ou en Allemagne. Cette différence a incité de nombreux automobilistes à traverser la frontière pour faire le plein, créant une « panique d’approvisionnement » et des files d’attente devant les stations.
Ce phénomène a été amplifié par la hausse du prix du baril de Brent, passé de 73 à 112 dollars en moins d’un mois, suite à la crise au Moyen-Orient. La crainte d’un ralentissement de l’approvisionnement mondial et l’incertitude géopolitique font craindre une augmentation durable des coûts pour les consommateurs européens.
Différentes stratégies en Europe
Alors que la Slovénie a choisi le rationnement strict, d’autres pays européens adoptent des mesures fiscales pour limiter l’impact de la crise. En Espagne, par exemple, le gouvernement a réduit la TVA sur le carburant de 21 % à 10 %, ce qui a permis aux automobilistes d’économiser environ 20 centimes par litre. La Suède envisage également de baisser ses taxes sur l’essence et le diesel pour soutenir ses conducteurs.
Que pourrait-il se passer en France ?
Pour l’instant, aucune indication ne laisse penser qu’un rationnement strict, comme le plafond de 50 litres par jour, soit à l’étude en France. Cependant, l’exemple slovène montre que des hausses importantes du prix du pétrole et une forte demande peuvent provoquer des pénuries locales, même lorsque les stocks sont suffisants.
Les autorités françaises privilégient actuellement des leviers fiscaux ou logistiques pour faire face à la crise. La situation en Slovénie sert d’avertissement : dans un marché où les prix varient fortement d’un pays à l’autre, un déséquilibre peut entraîner un afflux massif de conducteurs vers certains points de vente, risquant ainsi de provoquer des pénuries temporaires.














