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Une nouvelle étape a été franchie en Iran, où les femmes ont désormais le droit de conduire une moto. Cette décision a été officialisée en février 2026, marquant un changement important dans la société iranienne, souvent caractérisée par des restrictions strictes sur la liberté des femmes.

Une décision historique

Le mardi 3 février 2026, le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Aref, a signé une résolution approuvée quelques jours auparavant par le Conseil des ministres. Ce texte permet aux femmes iraniennes de passer l’examen du permis moto et de conduire légalement sur la voie publique, une avancée longtemps attendue.

Jusqu’à présent, aucune loi claire n’interdisait explicitement aux femmes de conduire une moto, mais en pratique, les autorités refusaient de leur délivrer un permis. Ce vide juridique exposait les conductrices à des risques en cas d’accident, notamment en cas de chute ou de responsabilité, même si elles en étaient victimes. La nouvelle réglementation vient désormais officialiser leur droit de conduire un deux-roues.

Ce que cette décision implique pour les femmes iraniennes

Les motardes iraniennes ne s’étaient pas faites attendre. Depuis plusieurs années, des écoles comme Motorex forment déjà des femmes à la conduite de motos, souvent dans une semi-clandestinité. Malgré l’absence de permis officiel, elles montaient souvent au guidon, ce qui pouvait leur valoir des amendes, la confiscation de leur véhicule ou l’absence de couverture d’assurance en cas d’accident.

Avec cette nouvelle réglementation, les femmes doivent pouvoir s’inscrire dans des centres agréés, suivre une formation encadrée par la police, puis passer un examen, comme les hommes. La date exacte de la délivrance des premiers permis féminins n’a pas encore été précisée.

Si cette mesure est mise en œuvre pleinement, elle pourrait transformer la vie quotidienne des Iraniennes. Elles pourraient :

  • se déplacer plus rapidement, notamment dans les grandes villes congestionnées ;
  • gagner en autonomie pour accompagner leurs proches ou aller à l’université ;
  • accéder à certains métiers, comme la livraison ou le commerce ambulant ;
  • bénéficier d’une assurance et d’une reconnaissance juridique en cas d’accident.

Les défis sociaux et culturels

Malgré cette avancée, le contexte social et religieux reste très contraignant depuis la Révolution islamique de 1979. Le port du hijab et des vêtements amples impose déjà des restrictions à la conduite, et le regard de la société sur une femme au guidon n’est pas toujours bienveillant.

Dans un pays marqué par les manifestations « Femme, Vie, Liberté » suite à la mort de Mahsa Amini en 2022, cette ouverture du permis moto symbolise une petite avancée dans l’espace public pour les femmes. Elle s’inscrit dans un contexte de restrictions encore très présentes, mais offre une nouvelle possibilité d’autonomie et de liberté.

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