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Didier Raoult, connu pour avoir défendu l’hydroxychloroquine lors de la pandémie de Covid-19, fait aujourd’hui parler de lui dans un domaine inattendu : celui des produits de beauté. Il s’est associé à l’entrepreneuse Nina Basri pour lancer une marque anti-âge appelée Magnifiscience. Celle-ci propose des soins promettant des résultats high-tech, présentés comme une alternative aux injections et au lifting, avec une communication très axée sur la science.

Malgré une condamnation par l’Ordre des médecins à deux ans d’interdiction d’exercer, effective à partir du 1er février 2025, le professeur s’est lancé dans cette nouvelle aventure. Parmi ses produits, la lotion Tonitence se vend 75 euros les 60 ml. Cependant, la composition et le prix de cette crème suscitent des interrogations.

Une promesse anti-âge ambitieuse

Selon la marque, Magnifiscience se présente comme « la rencontre unique entre la recherche scientifique et la cosmétologie ». Elle affirme que ses soins agissent en profondeur pour cibler les 10 signes visibles de l’âge, tels que rides, ridules, relâchement, perte de fermeté, teint terne ou taches pigmentaires.

La lotion Tonitence est mise en avant comme le produit phare, à utiliser jour et nuit. Elle est censée lisser les rides, raffermir la peau et redonner de l’éclat. La plupart des consommatrices s’attendent à y retrouver les actifs anti-âge couramment utilisés dans ce type de soins.

Une composition surprenante

En analysant la liste d’ingrédients, les experts ont relevé plusieurs points. La formule repose principalement sur de l’eau, des huiles de tournesol et de carthame, nourrissantes mais peu actives contre le vieillissement. La lotion contient du squalane pour l’hydratation, mais ne comporte ni acide hyaluronique ni glycérine, deux actifs très courants dans les soins anti-âge.

Le propylène glycol, un autre ingrédient, est considéré comme moins efficace pour l’hydratation. La vitamine C, connue pour ses propriétés anti-âge, est présente en faible concentration via des extraits d’orange, ce qui limite son effet. De plus, la formule intègre des extraits atypiques comme ceux de bulbes d’ail et d’oignon, qui ne sont pas couramment utilisés dans la cosmétique.

Les experts soulignent également la présence de polymères, de silicones et d’un potentiel allergène. Pour un prix de 75 euros, ils estiment que la crème ne répond pas aux attentes qu’elle promet et qu’elle présente un intérêt limité.

Ce que disent les dermatologues

Les spécialistes sont également sceptiques. Isabelle Rousseaux, vice-présidente du Syndicat national des dermatologues et des vénérologues, explique que, sans acide hyaluronique, rétinol ou peptides, il est impossible que cette crème ait une réelle action anti-rides. Elle précise que la formule se limite à une action hydratante superficielle.

Ce décalage entre le prix élevé et la composition très classique explique en partie les réactions négatives. La plupart des experts doutent que cette crème puisse réellement tenir ses promesses anti-âge, malgré la communication très scientifique de la marque.

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