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Gérald Darmanin tend la main aux avocats face à leur colère contre la loi sur la justice criminelle

Depuis le 1er avril, de nombreux barreaux en France ont entamé une grève pour protester contre le projet de loi nommé « SURE », porté par le ministère de la Justice. Ce texte vise à répondre à l’engorgement des tribunaux criminels, notamment en introduisant une procédure de « plaider coupable criminel ». Cependant, les avocats dénoncent une justice au rabais.

Le syndicat de la magistrature critique cette réforme, qu’il considère comme une dégradation des procédures judiciaires, et déplore le manque de moyens supplémentaires pour la justice criminelle. Le Syndicat des avocats de France (SAF) et le collectif Colère noire partagent également cette position, soulignant que le projet sacrifie encore davantage la justice criminelle.

Face à cette contestation, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a adressé une lettre le lundi 6 avril à la présidente du Conseil national des barreaux (CNB). Il y invite l’institution à lui faire des propositions pour améliorer le texte.

Une invitation au dialogue et à la proposition

Dans sa lettre, Gérald Darmanin insiste sur le fait que les délais d’audiencement, qui peuvent briser des vies, sont un problème majeur. Il affirme également que refuser une réforme sans proposer d’alternative mène à une impasse institutionnelle.

En guise de main tendue, il encourage le CNB à lui soumettre rapidement des propositions concrètes. Il précise qu’il est prêt à discuter sur plusieurs aspects du texte, notamment la procédure de jugement des crimes, la composition des juridictions ou encore les garanties pour les victimes. Il propose d’étudier ensemble, avec son cabinet, les modifications souhaitées par le Conseil national des barreaux.

Le but de cette loi est de réduire les longs délais de jugement des crimes graves. Elle prévoit notamment l’introduction d’une procédure de « jugement des crimes reconnus » ou « plaider-coupable criminel » pour désengorger les tribunaux surchargés.

Ce mardi matin, le Conseil national des barreaux n’a pas encore réagi officiellement à cette proposition. Un rassemblement, organisé par plusieurs syndicats d’avocats et la magistrature, est prévu à 13 heures devant le tribunal judiciaire de Paris.

Plusieurs organisations, comme le Syndicat des avocats de France, la Ligue des droits de l’Homme ou le Syndicat de la magistrature, réclament une mobilisation accrue. Elles jugent qu’il est désormais essentiel de renforcer la grève pour faire entendre leurs voix.

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