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Une crise énergétique mondiale en pleine escalade

Depuis la fin février, la situation au Moyen-Orient s’est détériorée, provoquant des répercussions partout sur la planète. La principale voie d’approvisionnement en pétrole, le détroit d’Ormuz, est aujourd’hui quasiment bloquée. Normalement, ce passage stratégique laisse transiter environ 20 millions de barils par jour, soit un cinquième de la consommation mondiale. Actuellement, 11 millions de barils sont retirés du marché chaque jour, ce qui crée une pénurie sans précédent.

Ce déficit dépasse largement celui enregistré lors des deux chocs pétroliers des années 1970, qui atteignaient 10 millions de barils. La raréfaction du pétrole entraîne une flambée des prix. Le prix du baril dépasse désormais les 100 dollars, impactant fortement les carburants comme le diesel, le kérosène ou le GPL, dont les tarifs ne cessent d’augmenter. Par ailleurs, le secteur gazier subit aussi de lourdes pertes, avec 140 milliards de mètres cubes de gaz en moins, en raison de la destruction de plusieurs infrastructures clés dans neuf pays, notamment des puits, des raffineries et des gazoducs. Même en cas de cessez-le-feu prochain, la relance du marché prendra plusieurs mois.

Les mesures d’urgence pour limiter la dépendance aux hydrocarbures

Face à cette crise, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié un rapport le 20 mars, proposant dix mesures strictes pour réduire rapidement notre dépendance aux énergies fossiles. La priorité est désormais d’agir fortement pour limiter la consommation de carburant.

Parmi ces recommandations, l’AIE insiste sur l’extension du télétravail, afin de réduire les déplacements professionnels. Elle suggère également aux gouvernements de limiter la vitesse sur les routes pour diminuer la consommation de carburant, en rendant les limitations de vitesse moins strictes. Moins vite, c’est mécaniquement moins de carburant consommé.

Les mesures d’urgence incluent aussi la réduction des trajets en avion d’affaires, le retour des dimanches sans voiture dans les grandes villes, ainsi que la baisse des prix des transports en commun pour encourager leur usage. Le covoiturage doit aussi être renforcé pour limiter le nombre de véhicules en circulation.

Une transformation du marché automobile en perspective

Ces restrictions risquent d’impacter fortement le secteur automobile. Si l’usage de la voiture est limité, cela pourrait freiner la vente de nouveaux modèles. Cependant, la hausse des prix à la pompe pourrait pousser les consommateurs à opter pour des véhicules électriques plus économiques. Les SUV, très gourmands en carburant, pourraient laisser place à des citadines plus sobres, bouleversant la stratégie des grands constructeurs automobiles.

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