Une économie française fragilisée par la guerre en Iran
L’Insee a publié ce mardi 24 mars ses prévisions pour le premier semestre 2026. Selon l’institut, la situation internationale actuelle, notamment la guerre au Moyen-Orient, aura un impact significatif sur l’économie française.
Une inflation en hausse
La hausse des prix du gaz et du pétrole, liée au conflit, devrait raviver l’inflation en France. Avant le début des hostilités, le prix du baril de pétrole était d’environ 60 dollars (51,8 euros). Il a atteint près de 100 dollars (86,3 euros), ce qui pourrait faire dépasser l’inflation à 3 % dans la zone euro et aux États-Unis, et autour de 2 % en France d’ici à juin.
Ce niveau d’inflation, qui était faible en février (0,9 %), pèsera sur le pouvoir d’achat des Français. La plupart des effets négatifs seront ressentis en seconde partie d’année. L’Insee prévoit une consommation légèrement en baisse au premier trimestre (+0,1 % contre +0,4 % précédemment), car les ménages puisent dans leur épargne pour faire face à la hausse des prix. Ils devraient commencer à réduire leurs dépenses au deuxième trimestre.
Une croissance économique ralentie
Malgré une certaine résistance au début de l’année, la croissance française sera fragilisée par ces tensions. L’Insee prévoit une progression du produit intérieur brut (PIB) de seulement 0,2 % au premier et au deuxième trimestre, contre 0,3 % anticipés en décembre.
À mi-2026, l’« acquis de croissance » — la croissance totale prévue si le PIB n’augmentait plus dans la seconde moitié de l’année — serait de 0,9 %, en baisse par rapport à la prévision initiale de 1 %. La croissance de 2025 (également 0,9 %) servirait de référence pour cette année.
Les principales composantes de l’activité économique changeraient légèrement, avec une demande privée plus forte, une demande publique plus faible et un soutien extérieur accru. La situation pourrait évoluer rapidement si la guerre au Moyen-Orient se termine bientôt, ce qui ferait baisser les prix du pétrole et relancerait la croissance européenne.
Les risques liés à l’évolution du conflit
En revanche, une intensification du conflit, notamment si les capacités de production de pétrole dans les pays du Golfe sont détruites, pourrait entraîner une hausse encore plus importante des prix. Selon l’Insee, une augmentation de 40 dollars du prix du baril réduit le PIB de 0,4 point en un an, et de 0,8 point en deux ans. La croissance française serait alors fortement pénalisée, tout comme le portefeuille des ménages.














