Blocages routiers et tensions croissantes en France
Ce lundi, plusieurs axes routiers en France devraient être perturbés en raison du retour des blocages organisés par des agriculteurs. Ces actions interviennent alors que les syndicats du secteur agricole doivent rencontrer le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Après une période de pause durant les fêtes, plusieurs agriculteurs ont répondu favorablement à l’appel de leurs syndicats pour reprendre les manifestations. Des blocages sont prévus sur plusieurs routes, notamment dans la région lyonnaise et en Normandie.
Des actions coordonnées dès l’aube
Près de 70 tracteurs avec remorques sont attendus en région lyonnaise, notamment en provenance du Rhône, de l’Ain, de l’Isère, de la Loire et de la Haute-Loire. Selon Le Progrès, ces véhicules se rassembleront dès 4h du matin à Mornant, avant d’entamer une opération escargot vers le site des Sept Chemins, à Brignais, où un point de rendez-vous est fixé à 6h30.
Les principales perturbations toucheront la M7, la direction Pierre-Bénite, ainsi que l’A7. Le péage de Vienne-Reventin, dans l’Isère, sera également impacté.
Des manifestations dans toute la région
En Normandie, les Jeunes agriculteurs (JA) ont prévu une manifestation « d’ampleur régionale » sur le pont de Normandie, à partir de midi. Selon Ouest-France, entre 400 et 500 manifestants seront présents. D’autres blocages sont aussi programmés à Caen, au rond-point du port de Cherbourg (Calvados), à Durcey (Manche), ainsi qu’à Fromentel et Mortagne-au-Perche (Orne).
Dans le sud-ouest, la colère persiste. Le porte-parole de la Coordination rurale 33, Jean-Paul Ayres, a évoqué la possibilité d’un durcissement du mouvement, allant jusqu’à des affrontements si le gouvernement ne répond pas aux revendications. Les principales demandes restent la gestion de la dermatose bovine et le rejet du traité de libre-échange avec le Mercosur.
Les réponses du gouvernement
Face à cette reprise de la colère, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé dimanche sur X (ex-Twitter) la suspension de l’entrée en France des denrées alimentaires contenant des résidus de substances interdites en Europe.
J’ai pris la décision de suspendre l’entrée sur notre territoire des denrées alimentaires contenant des résidus de plusieurs substances interdites en Europe. On ne peut pas accepter que des substances bannies chez nous réapparaissent indirectement par le biais des…
Elle a également assuré que le gouvernement garantirait aux agriculteurs le budget de la politique agricole commune (PAC) « au centime près », tout en reportant la taxe carbone sur les engrais et en confirmant l’interdiction d’importer des produits contenant certains pesticides.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a confirmé ces mesures dans une lettre adressée aux agriculteurs, évoquant une volonté de « mettre fin aux deux poids deux mesures ». Il a assuré que le budget de la PAC ne diminuerait pas et que les accords commerciaux seraient combattus s’ils étaient jugés déséquilibrés.
Une critique de l’instabilité politique
Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a critiqué cette situation lors d’une interview sur CNEWS. Il a dénoncé l’instabilité politique en France, soulignant que malgré plusieurs gouvernements, les urgences agricoles n’ont pas été résolues.
Il a aussi insisté sur l’attente de mesures concrètes, notamment concernant la PAC, qu’il considère comme une bonne nouvelle mais qu’il faut mettre en œuvre rapidement. Quant à l’interdiction européenne des pesticides, il a précisé que cela relevait de l’Union européenne et que la France ne pouvait agir seule si l’Europe ne suivait pas.














