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Une crise de confiance dans le périscolaire parisien

Les préoccupations concernant la sécurité dans le périscolaire à Paris ont récemment quitté le domaine confidentiel des rapports administratifs pour devenir un enjeu central du débat municipal. Entre la cantine, la garderie et les activités après l’école, ces moments destinés à rassurer les familles sont aujourd’hui entachés par une crise de confiance.

En 2025, une quarantaine d’animateurs ont été suspendus, dont 20 pour suspicion de faits à caractère sexuel. Ces mesures interviennent dans un contexte où de nombreux parents expriment leur inquiétude face à des récits alarmants.

Une réponse institutionnelle face aux accusations

Depuis la nomination de Dominique Versini comme Défenseure des enfants de la Ville de Paris en décembre, environ 150 saisines ont été enregistrées, majoritairement liées au périscolaire. Pour répondre à ces alertes, la municipalité a lancé un plan d’action spécifique et renforcé le contrôle des personnels.

Ce plan prévoit notamment un contrôle accru de l’honorabilité des employés, avec la consultation du casier judiciaire B2, du FIJAISV, ainsi que des interdictions liées à Jeunesse et Sports. La traçabilité des signalements internes est également mise en place. Des formations sur les violences sexuelles et des journées pédagogiques spécifiques ont été instaurées. Pourtant, la crise persiste, alimentée par un sous-effectif chronique, des contrats précaires et des procédures jugées lentes par de nombreux parents.

Les propositions pour renforcer la sécurité

Rachida Dati, candidate LR à la mairie de Paris, propose un contrôle strict et une organisation différente. Elle souhaite que plus aucun enfant ne se retrouve seul avec un adulte lors du temps périscolaire. Pour cela, elle préconise la mise en place systématique de binômes et un accompagnement renforcé pour l’hygiène, assurant ainsi qu’aucune situation d’isolement ne puisse se produire, même aux toilettes ou pendant la sieste.

Elle promet également un contrôle approfondi de l’ensemble du personnel, en exploitant tous les fichiers de police et en menant des enquêtes de personne. Elle prévoit de convoquer les responsables des circonscriptions scolaires pour leur rappeler leurs responsabilités en cas de non-signalement. Enfin, elle annonce qu’elle mobilisera des moyens financiers pour financer ces mesures, malgré la tension dans le secteur déjà fragilisé.

Une approche alternative : les grands-parents comme figures éducatives

Face à cette logique de contrôle administratif, Sarah Knafo, candidate Reconquête, propose une solution différente. Sur BFMTV, elle a expliqué qu’il fallait sortir de l’école avec des animateurs sur lesquels pèse le moindre doute. Elle souhaite lancer un plan de recrutement de grands-parents, considérés comme des personnes de confiance pour la garde et l’éducation des enfants.

Ces grands-parents seraient rémunérés à la vacation pour s’occuper des enfants lors des activités périscolaires. Selon elle, cette démarche favoriserait la transmission de valeurs et renforcerait la relation de confiance entre familles et éducateurs. Toutefois, ces seniors devraient également subir les mêmes contrôles d’honorabilité que les animateurs, et bénéficier d’une formation aux enjeux de la protection de l’enfance.

Entre la mise en place de binômes obligatoires et le recours à des retraités, ces propositions illustrent deux visions opposées pour redonner confiance aux parents et sécuriser le périscolaire à Paris. La bataille pour l’image et la sécurité des écoles se joue à l’Hôtel de Ville.

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