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Depuis plusieurs mois, CNews traverse une période de tensions et de remous internes. La chaîne, sous l’œil attentif de Vincent Bolloré, a connu des changements dans sa ligne éditoriale qui ont suscité des critiques et des frictions au sein de la rédaction. Certains journalistes et présentateurs sensibles à ces évolutions n’hésitent pas à faire entendre leur voix, parfois en interne, parfois publiquement.

Les tensions autour de Jean-Marc Morandini

Le cas de Jean-Marc Morandini a particulièrement marqué cette période de conflit. Au début février, un conflit ouvert a éclaté à son sujet. Selon un proche du Journal du Dimanche, aucune personne de son groupe ne s’exprimerait sur cette affaire sans son accord. La direction de CNews considérait Morandini comme un élément problématique, ce qui a accentué la malaise dans les locaux. Un salarié décrivait la situation comme une « guerre silencieuse » qui se joue désormais en interne, comparant cette tension à une forme de lutte symbolique et médiatique.

Lors d’une matinale, Sonia Mabrouk a pris position face à Morandini, affirmant qu’elle ne répondrait pas à ses attaques et qu’elle s’exprimait déjà dans les colonnes du Journal du Dimanche. La décision de maintenir Morandini, condamné pour violences sur des mineurs, a provoqué une vague de mécontentement, notamment sur la plateforme X, où plusieurs personnalités médiatiques ont soutenu les victimes et dénoncé ce choix éditorial.

Une direction critiquée et des choix contestés

Les employés de CNews dénoncent une ligne éditoriale jugée trop rigide et imposée de manière dogmatique par la direction. Selon un témoin cité par Libération, « on devient tous associés à ça, Bolloré nous demande de faire allégeance à quelque chose qu’on condamne ». La façon dont la chaîne traite certains sujets sensibles, tels que le conflit à Gaza ou la politique de Donald Trump, a aussi alimenté cette fronde interne. Ces sujets sont souvent abordés de façon très tranchée, ce qui ne fait qu’accroître le malaise.

Certains journalistes soulignent que seul Pascal Praud a la liberté d’évoquer certains thèmes, comme Trump, parce qu’il semble suivre la ligne dictée par la direction. Le directeur Serge Nedjar surveille attentivement chaque intervention, ce qui limite la liberté d’expression des équipes. Les divergences internes sur la ligne éditoriale ont poussé certains à modifier leurs interventions ou à se retenir de débattre librement, accentuant ainsi le climat de tension dans la rédaction.

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