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Le changement d’heure : un impact climatique désormais marginal

Après le passage à l’heure d’été ce 29 mars, le débat sur l’intérêt du changement d’heure continue. Si cette mesure permet encore de réduire légèrement les émissions liées à l’éclairage, son effet sur le climat est aujourd’hui très limité. Selon une étude récente, cette réduction représente moins de 0,3 % des émissions nationales en France.

Originellement instauré dans les années 1970 pour économiser l’énergie, le changement d’heure conserve un petit bénéfice en matière d’émissions de gaz à effet de serre, mais celui-ci est devenu quasi insignifiant.

Une réduction minime des émissions d’éclairage

Selon une analyse publiée cette semaine par l’entreprise Greenly, le dispositif ne permet plus qu’une faible baisse des émissions liées à l’éclairage. Sur le plan individuel, cela équivaut à une différence de moins de 3 kg de CO₂e par an et par foyer. En chiffres, cela représente environ 32,94 kg d’équivalent dioxyde de carbone par an avec le système actuel, contre près de 36 kg en permanence en heure d’été ou d’hiver. La différence est donc très faible.

Au niveau national, cette mesure permettrait de réduire les émissions d’environ 1 015 kilotonnes de CO₂e par an, contre 1 098 kt en été permanent, ou 1 105 kt en hiver permanent. En pratique, le changement d’heure ne supprime pas la consommation d’énergie, il la déplace. Par exemple, en été, il limite l’éclairage en soirée, mais peut augmenter la consommation le matin en hiver, créant un « effet matin » plus énergivore.

Une efficacité qui s’estompe avec le temps

Cette perte d’efficacité s’explique par l’évolution des usages énergétiques. Aujourd’hui, l’éclairage représente une part bien plus faible de la consommation totale d’énergie grâce à la généralisation des ampoules LED, beaucoup plus économes. Par ailleurs, d’autres postes comme le chauffage ou la climatisation ont pris une place dominante dans la consommation.

Selon l’étude, « le dispositif a été conçu dans un contexte énergétique qui a fortement évolué ». La pertinence de cette mesure dépend aussi des habitudes de vie des ménages, de leur localisation géographique, et du mix énergétique local.

De plus, certains comportements, comme une luminosité accrue en soirée, peuvent encourager des déplacements supplémentaires, ce qui atténue encore les bénéfices attendus.

En résumé, si le changement d’heure conserve un léger avantage pour l’environnement, son impact actuel est quasi nul face aux enjeux énergétiques modernes. Cela relance le débat sur la pertinence de maintenir une mesure héritée d’un autre contexte énergétique.

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