Deux motions de censure déposées par la France insoumise et le Rassemblement national
Après l’activation du dernier 49.3 par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour faire adopter le budget 2026, la France insoumise et le Rassemblement national ont chacun déposé une motion de censure. C’est leur dernière tentative pour faire tomber le gouvernement avant l’adoption définitive du texte.
Ce vendredi 30 janvier, Lecornu a utilisé une troisième et ultime procédure du 49.3 pour faire passer le budget de l’État sans vote des députés. Les deux oppositions ont rapidement annoncé leur intention de déposer une motion de censure, conformément à leur stratégie face à cette méthode de passage en force.
Ce schéma est désormais bien rodé, puisque ces mêmes groupes avaient déjà répondu de la même façon lors des deux premiers 49.3, pour faire passer respectivement les parties « recettes » et « dépenses » du projet de loi de finances.
Une réaction rapide et polémique
Éric Coquerel, député de La France insoumise, a annoncé immédiatement le dépôt d’une motion de censure après l’engagement de la responsabilité du gouvernement. Il n’était pas présent lors du discours de Lecornu, qui s’est déroulé en commission des finances.
La séance publique a commencé avant la fin de cette commission, et la rapidité avec laquelle le Premier ministre a activé le 49.3 a empêché plusieurs députés d’assister à sa prise de parole. Ce dernier n’a même pas été en tribune, ce qui a été critiqué par certains députés.
Le Premier ministre, avec sa volonté d’utiliser le 49.3, le fait en plus avec une rare inélégance puisque nous étions en commission où, une fois de plus, nous avons rejeté le texte
La première motion de censure sera défendue par le groupe Gauche démocrate et républicaine.
Le Rassemblement national aussi dépose une motion
Sélectionnant la même démarche, le vice-président du Rassemblement national a annoncé le dépôt d’une motion de censure. Il estime que le budget est une hausse d’impôts qui ne règle pas la question de la dette ni du déficit.
Sébastien Chenu a appelé les autres partis d’opposition, notamment Les Républicains et le Parti socialiste, à rejoindre cette initiative, en soulignant que c’est la dernière occasion pour ces groupes de sanctionner le gouvernement et de rester cohérents avec leurs promesses électorales.
De leur côté, la France insoumise a également insisté sur la nécessité pour le PS de soutenir la censure. Éric Coquerel a déclaré que si le PS ne votait pas en faveur, cela signifierait qu’ils soutiennent le gouvernement sans y participer.
Il est peu probable que ces motions de censure aboutissent, car elles ont peu de chances d’être adoptées sans le soutien des Républicains et du Parti socialiste. Lors des précédentes tentatives, ces groupes avaient systématiquement refusé de voter en faveur des motions, laissant le gouvernement en position confortable.
Prochaines étapes
Les motions seront examinées ce lundi 2 février. Si elles sont rejetées, le budget 2026 sera adopté définitivement, après quatre mois de débats et de négociations intenses.














