Une poupée représentant Jordan Bardella brûlée lors d’un carnaval au Pays basque
Lors d’un carnaval traditionnel à Hasparren, dans le Pays basque, le 7 février dernier, une poupée géante à l’effigie de Jordan Bardella a été incendiée. Le parquet de Bayonne a annoncé l’ouverture d’une enquête à ce sujet.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un mannequin géant incarnant Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), qui a été brûlé en public à Hasparren. La poupée, habillée de bleu, blanc et rouge, portait un brassard portant l’inscription « I LOVE MARINE ».
Le 13 février, Mariel Garrigos, procureure de la République à Bayonne, a indiqué que le parquet avait lancé une enquête préliminaire le 12 février. Elle précise que ces faits pourraient constituer des infractions, notamment des actes d’outrage, de provocation à la violence ou à la commission d’infractions, ainsi que des menaces contre une personne investie d’un mandat public électif.
Les enjeux de l’enquête
Les autorités examinent plusieurs chefs d’accusation, notamment l' »outrage sur une personne dépositaire de l’autorité publique », la « provocation publique à la violence » ou à la commission d’infractions, ainsi que la « menace de crime ou délit » contre une personne en fonction élective.
Condamnations des élus du Rassemblement national
Plusieurs responsables du RN ont réagi pour condamner ces actes. Le député européen Matthieu Valet a dénoncé ce qu’il considère comme une transformation du carnaval en « tribune de haine » par « l’extrême gauche ». De son côté, le député de l’Oise, Philippe Ballard, a qualifié la scène de « mise en scène de haine politique ». La gendarmerie de Bayonne a été chargée de l’enquête.
Une tradition de longue date au Pays basque
Selon l’Institut culturel basque, la tradition de Saint Pansart, ou Zan Pantzar en basque, remonte au moins à 1587. Cette fête se déroule généralement un samedi de la période précédant le Carême. Elle consiste en une représentation théâtrale où, symboliquement, des personnages comme Zan Pantzar sont jugés, condamnés et brûlés, symbolisant la fin de l’année écoulée.
À cette occasion, un mannequin représentant Zan Pantzar est souvent brûlé sur la place publique. En 2020, une fiche du ministère de la Culture évoquait cette tradition, précisant que cette pratique fait partie du patrimoine culturel immatériel. Il y a dix ans, une scène similaire avait été organisée avec la brûlure d’une poupée à l’effigie de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne.














