Une poupée Barbie autiste pour représenter l’autisme
Mattel a annoncé le lancement de sa première poupée Barbie autiste, le lundi 12 janvier 2026. Cette poupée fait partie de la gamme Barbie Fashionistas et vise à représenter les personnes atteintes du trouble du spectre de l’autisme. Elle marque une étape dans la volonté de la marque de diversifier ses modèles, tant au niveau du corps que des histoires racontées.
Ce projet a été développé en collaboration avec l’Autistic Self Advocacy Network (ASAN) et la chroniqueuse Rofrane Bambara. L’objectif est de mieux refléter les expériences vécues par de nombreuses personnes autistes au quotidien. Après plusieurs modèles inclusifs, comme ceux avec vitiligo ou fauteuil roulant, cette poupée se distingue par sa conception qui intègre des besoins sensoriels et de communication spécifiques.
Une poupée pensée pour le quotidien des enfants autistes
Concrètement, cette poupée possède des articulations permettant des mouvements d’autostimulation, ces gestes répétitifs souvent observés chez les enfants autistes. Son regard est légèrement décalé, avec des yeux qui ne sont pas parfaitement alignés, contrairement aux modèles traditionnels. Ce choix esthétique met en avant des attitudes et des traits souvent peu représentés, mais courants dans la vie de nombreuses personnes sur le spectre autistique.
Plusieurs accessoires accompagnent la poupée : un fidget hand spinner, un casque antibruit et une tablette de communication. Ces objets visent à répondre aux besoins sensoriels et de communication de nombreux enfants autistes, en intégrant dans le jeu des éléments qu’ils utilisent déjà dans leur vie quotidienne.
Une démarche axée sur la neurodiversité et l’empathie
Ce projet s’appuie aussi sur une collaboration entre Barbie et l’université de Cardiff. Depuis 2020, une étude menée sur 42 enfants de 4 à 8 ans utilise l’imagerie cérébrale pour observer l’impact du jeu avec la poupée. Les résultats montrent que ce type de jeu active des zones du cerveau liées à l’empathie et aux compétences sociales, chez les filles comme chez les garçons.
Les chercheurs ont également analysé les échanges des enfants pendant le jeu. Ils utilisent davantage de mots liés aux pensées et aux émotions d’autrui, ce qui peut favoriser le développement de leurs compétences sociales, même chez les enfants présentant des caractéristiques neuroatypiques souvent associées à l’autisme. La poupée Barbie est ainsi présentée comme un outil inclusif, qui valorise la neurodiversité et stimule l’empathie chez les jeunes joueurs.
Un message fort entre représentation et réalité commerciale
Selon l’expert en pop culture Sébastien Durand, l’impact de ces modèles dépasse leur simple aspect commercial. Il souligne l’importance symbolique de voir une poupée qui ressemble à un enfant atteint de vitiligo ou d’autres particularités. Bien que cela ne soit pas toujours la priorité des ventes, cela envoie un message positif aux enfants et à leurs parents : il est essentiel de se voir représenté dans ses jouets. Cela peut contribuer à leur estime et à leur développement.
Ce lancement illustre aussi une tension entre engagement social et logique commerciale. Sébastien Durand rappelle que, derrière cette démarche, il y a des valeurs. Tout en étant une entreprise cotée en bourse, Mattel cherche à transmettre des messages forts, notamment celui que chaque enfant doit pouvoir se reconnaître dans ses jouets, pour grandir avec confiance.














