Emmanuel Macron a désigné Amélie de Montchalin pour prendre la tête de la Cour des comptes, une institution clé chargée de vérifier la régularité des comptes publics. Cette nomination a été annoncée ce lundi par l’Élysée, selon des sources proches de l’exécutif relayées par Le Figaro et confirmées par l’Agence France-Presse.
Agée de 40 ans, Amélie de Montchalin deviendrait la première femme à occuper cette fonction dans l’histoire de France. Sa nomination devrait être officialisée lors du Conseil des ministres prévu mercredi. La présidence de la Cour des comptes étant un mandat irrévocable, elle pourra exercer cette fonction jusqu’à l’âge limite fixé à 68 ans, ce qui lui offre une perspective de long terme.
Actuellement ministre des Comptes publics, elle va quitter le gouvernement dans un contexte de remaniement. Ce changement intervient alors que des ajustements sont attendus dans l’équipe du gouvernement, notamment dans le cadre des préparatifs des élections municipales. La nomination d’Amélie de Montchalin s’inscrit aussi dans une période de transition, avec le départ prévu de plusieurs figures clés, comme Rachida Dati.
Une mission cruciale face à un contexte budgétaire difficile
La future présidente de la Cour des comptes arrive à un moment sensible. La France doit réduire son déficit public à moins de 3 % du PIB, objectif fixé pour 2029. Actuellement, le déficit s’établit à 5,4 % en 2025, avec un objectif de 5 % pour 2026. Beaucoup d’observateurs considèrent ces chiffres comme ambitieux, compte tenu des contraintes économiques et politiques.
Amélie de Montchalin a récemment rappelé l’importance de revenir sous la barre des 3 % le plus rapidement possible, estimant que cet objectif relève de la souveraineté nationale plutôt que d’une simple gestion comptable. La Cour des comptes a régulièrement insisté sur la nécessité d’un assainissement budgétaire, à travers ses nombreux rapports annuels qui pointent des dérapages dans la gestion publique.
Sa nomination par le président de la République est une décision directe, qui n’a pas besoin de l’approbation des commissions parlementaires des Finances. Elle succède à deux personnalités issues de l’opposition : Didier Migaud, nommé en 2010, et Pierre Moscovici, en poste depuis 2020.
Un profil reconnu pour ses compétences et son parcours
Amélie de Montchalin s’est distinguée par ses interventions à l’Assemblée nationale et au Sénat, où ses compétences techniques, sa réactivité face aux oppositions et son ton pédagogique ont été salués par de nombreux parlementaires. Son parcours académique et professionnel est également remarquable : diplômée de HEC et de Harvard, elle a travaillé dans le secteur bancaire (BNP Paribas) et l’assurance (Axa). Elle a aussi représenté la France auprès de l’OCDE.
Après une défaite aux législatives en 2022 dans l’Essonne, elle a été rappelée au gouvernement à la fin de 2024 par l’ancien Premier ministre François Bayrou. Sébastien Lecornu a confirmé sa nomination à l’automne dernier.
Sa venue à la tête de la Cour des comptes intervient après le départ de Carine Camby, qui assurait l’intérim depuis janvier, suite au départ de l’ancien ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, vers la Cour des comptes de l’Union européenne.














