Un week-end particulièrement éprouvant pour les équipes de BFMTV. Plusieurs journalistes de la chaîne ont été pris pour cible alors qu’ils couvraient l’actualité. « Ces deux jours ont été pénibles, épuisants et surtout dangereux pour les reporters sur le terrain », confie un journaliste de BFMTV dans les colonnes du Parisien. Dès le samedi matin, une équipe de la chaîne a été violemment prise à partie à Trappes, dans les Yvelines, au lendemain d’une attaque raciste mortelle qui a coûté la vie à un Français de 26 ans.
Sur place, la reporter et sa caméraman ont été poursuivies dans les rues par plusieurs individus, malgré la présence de deux agents de protection rapprochée. Les deux femmes ont finalement dû quitter les lieux après que l’une d’elles a échappé à un coup de pied balayette. Selon une source interne, elles auraient été confondues avec des journalistes de CNews. La séquence a ensuite circulé sur TikTok, publiée par Sami Zaid sous la légende : « CNews viré de Trappes ».
« Nous sommes un bouc émissaire » : la rédaction dénonce un climat hostile
Selon le Syndicat national des journalistes (SNJ) du groupe CMA Média, trois autres équipes de BFMTV ont subi des violences physiques ou verbales entre vendredi et samedi. Le vendredi 23 octobre, une équipe a notamment été insultée à Trappes et filmée à son insu. Le lendemain, deux autres duos ont été blessés lors de mobilisations contre la vie chère. À Paris, porte de Vincennes, un journaliste a reçu un coup de matraque au mollet de la part d’un policier lors d’une charge en fin de manifestation. À Marseille, une journaliste a été touchée à la jambe par un pavé.
Face à ces événements, la Société des journalistes (SDJ) de BFMTV a publié un communiqué sur X pour soutenir ses collègues prises à partie à Trappes. « Nous apportons tout notre soutien à notre équipe qui faisait son travail avec rigueur et sérieux, et nous condamnons fermement ceux qui les ont agressés. Il est inacceptable de devoir travailler dans la peur constante d’une agression sur le terrain » a-t-elle déclaré.
« Sonia Mabrouk a un prisme très droitier »
Au-delà des agressions, les débats organisés sur la chaîne entre 19 heures et 21 heures suscitent également des interrogations parmi certains salariés. Cette tranche horaire, portée notamment par Sonia Mabrouk, serait particulièrement sensible en raison des sujets abordés et des personnalités invitées.
« Si la direction de la chaîne promet qu’il n’y a aucune volonté de droitiser la chaîne, Sonia Mabrouk, qu’elle le veuille ou non, a un prisme très droitier dans ses interviews, même si elle a bien recadré Éric Zemmour la dernière fois », estime un journaliste. Il rappelle également les réserves exprimées en interne depuis son arrivée, alors qu’elle était auparavant associée à CNews. Dernier épisode en date : l’invitation d’Éric Zemmour, prévue le samedi soir, a finalement été annulée après l’intervention de la Société des journalistes.














