Interdictions de manifestations : une mesure visant à faciliter le maintien de l’ordre ?
Plusieurs villes françaises, comme Lyon, Nice, Nantes et Le Havre, ont interdit les manifestations samedi 24 octobre en centre-ville. Ces mesures visent à éviter tout débordement. Cependant, deux organisations ont saisi le Conseil d’État pour contester ces restrictions, dénonçant une atteinte aux libertés fondamentales. Sur le terrain, la mise en œuvre de ces interdictions soulève une grande tension avec les forces de l’ordre, qui doivent gérer des situations particulièrement sensibles.
Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé jeudi 22 octobre que seules les manifestations organisées par les syndicats seraient autorisées ce jour-là. Ces rassemblements devront suivre des tracés alternatifs, évitant ainsi les centres-villes.
Cette décision fait suite à une série d’interdictions de manifester dans plusieurs villes françaises. Les préfets et maires concernés ont pris ces mesures pour prévenir tout trouble à l’ordre public, notamment à Rouen, Grenoble, Le Mans, Nice, ou encore Lyon.
Emmanuel Macron a également précisé que les demandes de mobilisation formulées par des groupes dits « non légitimes » seraient systématiquement rejetées.
“On est choqué parce que c’est tout simplement anti-constitutionnel, manifester est un droit. Et donner le droit uniquement aux syndicats, ça veut dire qu’on veut acheter la paix sociale, on veut essayer d’étouffer le mouvement et ne pas du tout considérer les autres organisations et citoyens qui sont quand même nombreux”, indique Azelma Sigaux, une des porte-parole de la coordination nationale Gilets jaunes.
Elle ajoute que cette attitude présidentielle traduit un mépris qu’elle juge scandaleux, et affirme que la mobilisation ne doit pas être abandonnée face à ces restrictions.
Une gestion policière sous haute tension
Ces interdictions ont un impact direct sur le travail des forces de l’ordre, qui seront mobilisées pour faire respecter ces mesures. Concrètement, la police pourra « casser le moindre attroupement » en prononçant des sommations et des ordres de dispersion.
En cas de refus, les policiers pourront interpeller et placer en garde à vue toute personne tentant de se rassembler ou de rejoindre un rassemblement interdit. Des mesures préventives seront également prises, comme la fermeture et la surveillance accrue des stations de métro, tramway, RER ou des places centrales en amont.
Malgré la mobilisation importante des forces de l’ordre, certains policiers estiment qu’il sera difficile d’empêcher tous les rassemblements sauvages. Une source policière confie : « On ne parviendra pas à empêcher tous les attroupements sauvages. Ça va être sportif, on s’attend tous à un gros bordel. »














