Une protection policière perçue comme privilégiée pour certains commerces
Lors des violences du 17 octobre, plusieurs magasins ont été pillés en marge de la mobilisation sociale. Cependant, des internautes ont signalé que certains commerces ont bénéficié d’une sécurité renforcée par la police. Notamment, la chocolaterie Trogneux à Amiens, protégée par au moins six cars de CRS, a suscité la polémique.
Le syndicat de police Alliance a également dénoncé cette situation. Selon lui, la restaurant La Rotonde, dans le 6e arrondissement de Paris, situé loin des lieux de violences, aurait bénéficié d’une protection similaire. La particularité de ces deux établissements? Le premier appartient à la famille de Brigitte Macron, notamment à son frère, et le second est un restaurant chic où Emmanuel Macron est venu fêter sa victoire en 2017.
Les autorités démentent toute individualisation de la protection
La préfecture de la Somme affirme que le dispositif de sécurité a permis de protéger plusieurs boutiques dans la ville. Toutefois, cette explication ne convainc pas tous. Johan Cavallero, délégué national CRS du syndicat Alliance, critique cette version. Il questionne pourquoi la police n’aurait pas déployé autant d’effectifs devant d’autres bâtiments emblématiques de la ville, comme la cathédrale.
Patrick, un coursier présent sur place, confirme que les CRS étaient bien autour de la chocolaterie, alors que la manifestation se déroulait à proximité. Il indique que la police était toujours proche de cette boutique lors de l’événement.
Abel Boyi, éducateur, dénonce également un traitement de faveur, affirmant que l’on a vu six camions de police, répartis de chaque côté de la boutique. Il critique le fait que ces mesures ne soient pas généralisées à d’autres commerces.
Joëlle Dago-Serry, auto-entrepreneure, partage cet avis. Selon elle, en France, il est évident que des protections ont été accordées à certains commerces, notamment en raison de leur importance ou de leur affiliation. Elle déplore que des boutiques aient été attaquées alors qu’aucune présence policière n’était visible.
Une boutique déjà ciblée par des manifestants en 2023
Ce n’est pas la première fois que la chocolaterie Trogneux est visée. En mars 2023, lors d’une manifestation contre la réforme des retraites, le commerce avait été attaqué alors que son propriétaire tentait de protéger son établissement. Le gérant, qui est aussi le neveu de Brigitte Macron, avait été agressé. Deux personnes avaient été condamnées suite à cet incident.
Les réactions et enjeux autour de cette protection
Sur le plateau de l’émission Estelle Midi, le journaliste Morad Aït-Habbouche dénonce ce qu’il qualifie de reproduction des privilèges. Il critique la focalisation de l’attention sur cette chocolaterie, qu’il considère comme une manifestation des inégalités dans la protection policière.
La journaliste Carine Galli répond que certains souhaiteraient voir des protections équitables pour tous les commerces. Elle souligne que cette chocolaterie appartient à une famille proche du président, mais rappelle que l’établissement emploie des gens et contribue à l’économie locale. Selon elle, le problème n’est pas tant la protection que la perception d’un traitement différencié.














