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Une majorité de Français souhaite revoir la législation concernant la responsabilité des mineurs impliqués dans des actes de violence lors des mouvements de blocage dans les lycées. Selon un sondage publié ce jeudi 15 octobre, 73 % des personnes interrogées estiment qu’il faut suspendre l’application de l’excuse de minorité dans ces cas-là.

Une mobilisation qui engendre des violences

Depuis le début des mouvements de protestation dans les lycées, de nombreux débordements ont été constatés. Des actes de dégradation d’établissements et des violences ont été commis, la plupart par des mineurs. Ces jeunes bénéficient habituellement de l’excuse de minorité, un principe juridique qui atténue leur responsabilité pénale en raison de leur âge.

Cette règle considère que les mineurs, en raison de leur manque de discernement, ne peuvent pas toujours être tenus pleinement responsables de leurs actes.

Une majorité favorable à la suspension de cette excuse

Le sondage montre que 73 % des Français pensent qu’il faut suspendre cette excuse pour les mineurs impliqués dans des violences lors des blocus. Parmi eux, une majorité considère que ces jeunes doivent être traités différemment face à la justice dans ce contexte précis.

Les femmes sont légèrement plus favorables à cette mesure, avec 70 % en faveur, contre 75 % chez les hommes. L’étude révèle également une tendance liée à l’âge : plus les personnes sont âgées, plus elles sont en faveur de cette suspension.

Les jeunes de 18 à 24 ans sont seulement 59 % à souhaiter cette suspension, contre 67 % chez les 25-34 ans, 71 % chez les 35-49 ans, et jusqu’à 77 % chez les plus de 50 ans.

Les différences selon les catégories sociales

Concernant la situation socio-professionnelle, 74 % des personnes inactives soutiennent la suspension de l’excuse de minorité. Ce taux est de 72 % chez les actifs, qu’ils soient cadres ou non-cadres.

Un clivage politique marqué

Les résultats reflètent un clivage traditionnel entre la gauche et la droite. Les sympathisants de l’écologie et de la France insoumise sont majoritairement opposés à la suspension, avec respectivement 60 % et 53 % de refus. Les proches du Parti socialiste sont divisés, à 50 % pour et 50 % contre.

À l’opposé, la majorité des sympathisants de droite soutiennent cette mesure. Chez les Républicains, 81 % y sont favorables, tandis que 89 % des électeurs du Rassemblement national souhaitent également sa suspension.

Les supporters du parti présidentiel, Renaissance, se situent dans la moyenne, avec 78 % en faveur de cette mesure.

Ce sondage a été réalisé les 13 et 14 octobre auprès d’un échantillon représentatif de 1 011 personnes de plus de 18 ans, par questionnaire en ligne, selon la méthode des quotas.

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